Actualisé

Attentat raté de Notre-Dame«Je ne suis plus du tout d'accord avec l'EI»

Une des principales accusées dans le procès de l'attentat raté près de Notre-Dame, s'est expliquée au 3e jour du procès.

1 / 19
Inès Madani, Ornella Gilligmann et Sarah Hervouet (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.

Inès Madani, Ornella Gilligmann et Sarah Hervouet (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.

AFP
Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.

Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.

AFP
Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019)

Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019)

kein Anbieter/Twitter

Une jeune femme dépressive, suicidaire: Inès M., la principale accusée dans le procès de l'attentat raté près de Notre-Dame à Paris en septembre 2016 a justifié mercredi son passage à l'acte par son envie de mourir.

«Je reconnais les faits pour la voiture», déclare à la cour d'assises spéciale de Paris Inès M., entendue pour la première fois, ce mercredi au procès.

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, avec sa co-accusée Ornella G., elles ont garé une voiture remplie de bonbonnes de gaz au milieu d'une rue devant des restaurants près de la cathédrale Notre-Dame et ont tenté de l'incendier. Seul un mauvais choix de carburant a permis d'éviter une explosion meurtrière.

Inès M. nie en revanche avoir tenté d'assassiner un policier à Boussy-Saint-Antoine (région parisienne) quatre jours plus tard. «Je n'ai pas essayé de me jeter sur ce policier. Je lui ai demandé de me tirer dessus», affirme l'accusée âgée de 22 ans, au visage poupin d'une adolescente.

Ado en échec scolaire

Elle parle beaucoup de l'année 2014, où elle a subi deux agressions sexuelles, des attouchements dans la rue, et où elle a perdu sa grand-mère. «C'est une période où je pensais beaucoup à la mort», explique la jeune femme, les cheveux bruns remontés en chignon. Elle dit alors à sa famille qu'elle veut mourir, elle pense au suicide, sans passer à l'acte.

Inès M. est une adolescente en échec scolaire, en conflit avec sa famille, qui souffre de son apparence physique avec ses kilos en trop. Elle «fume huit à dix joints par jour».

Elle se lie avec une femme de dix ans de plus qu'elle, qui partira en Syrie en janvier 2015. Elle se serait radicalisée à son contact, commence à «adhérer aux thèses» du groupe Etat islamique« (EI). Début 2016, elle tente à son tour de partir, mais son père qui avait remarqué son »changement« fait un signalement à la police. Inès M. est ainsi interdite de sortie du territoire.

Ce qui l'intéresse alors à l'EI, «c'est qu'ils autorisent le suicide». «Ce n'est pas tout à fait cela», la reprend le président de la cour Laurent Raviot. «Une opération martyr correspond à un suicide en réalité», ajoute-t-elle.

Pourquoi alors avoir quitté la voiture remplie de bonbonnes de gaz, l'interroge l'avocate générale. «Ce n'est pas mourir en martyr, Madame», souligne la magistrate. «A la base, je comptais rester dans la voiture. Et au dernier moment, j'ai été convaincue par Ornella Gilligmann de sortir», affirme-t-elle.

Inès M. explique avoir évolué depuis 3 ans. «Je ne suis plus du tout d'accord avec l'EI», assure-t-elle. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!