Actualisé 11.03.2013 à 13:29

Faux guérisseur

«Je ne suis responsable de rien»

Le guérisseur autoproclamé accusé d'avoir inoculé le virus du sida à seize personnes a nié lundi être à l'origine de cette infection. Cet homme de 54 ans est jugé devant le Tribunal régional à Berne.

Lors de son audition, l'accusé a laissé entendre que les plaignants se seraient contaminés mutuellement. Il a ajouté ignorer comment cette transmission aurait pu se produire et répété qu'il ne s'était jamais procuré de sang contaminé, ajoutant à ce propos qu'il avait une phobie du sang.

Le guérisseur autoproclamé a clamé une nouvelle fois son innocence et affirmé que jamais il n'avait piqué l'une des victimes. Evoquant sa situation personnelle, il a indiqué qu'il suivait actuellement un traitement psychiatrique en raison de «problèmes».

Victime d'un complot

L'accusé, qui donne des cours de musique à son domicile, a expliqué que les personnes infectées par le virus HIV auraient été incitées à déposer une plainte pénale contre lui. Face aux plaignants qui le désignent comme responsable de leur maladie, l'accusé a affirmé être victime d'une sorte de complot.

L'audition du prévenu s'est révélée difficile lundi. A plusieurs reprises, le guérisseur a déclaré ne pas comprendre les questions du président du Tribunal Berne-Mittelland ou a donné des réponses qui ne correspondaient pas au thème abordé par le président. Une situation qui pourrait s'expliquer par des problèmes linguistiques, l'allemand n'étant pas la langue maternelle de l'accusé.

Lésions corporelles graves

Les victimes sont des personnes qui étaient venues le voir pour des cours de musique ou pour des soucis de santé. Le Ministère public n'a pas réussi à déterminer les motifs pour les actes reprochés au prévenu qui doit répondre de lésions corporelles graves multiples.

Un expert du Centre national de rétrovirus (CNR) de l'Université de Zurich avait affirmé jeudi que les virus des victimes présumées de ce guérisseur avaient la même souche. Il estime donc plausible que le sang ait été injecté à l'aide d'une seringue. L'utilisation d'une aiguille d'acupuncture lui semble elle improbable.

Le procès va se poursuivre avec l'audition de témoins. Le verdict est attendu pour le 21 ou le 22 mars. (ats)

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