Vaud: «Je ne veux pas être opérée car j'ai du travail»
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Vaud«Je ne veux pas être opérée car j'ai du travail»

Une Algérienne de 43 ans raconte son combat contre la poliomyélite et pour son intégration en Suisse.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Mouna Abbad a participé à des concours de beauté.

Mouna Abbad a participé à des concours de beauté.

Ce moment-là, Mouna Abbad, 43 ans, l'attendait depuis longtemps: fin mai, elle a reçu sa pre¬mière fiche de salaire. Secrétaire chez Cérébral Vaud, elle est aussi chargée de rédiger la brochure destinée aux membres de l'association.

Permis de conduire en poche, la résidente d'Yverdon-les-Bains (VD) vient de recevoir une voiture d'occasion. «Un cadeau d'un ami», qui lui fait savourer sa nouvelle vie... «Au parking, j'essaie de me garer là où il y a du monde pour qu'on m'aide à sortir mon fauteuil», raconte-t-elle.

La poliomyélite l'a attaquée en Algérie: «J'avais un mois et demi. Ma mère attendait le retour de mon père, employé au port d'Alger, pour qu'il m'emmène à l'hôpital. A son arrivée, la paralysie avait eu raison de mon corps.» Deux ans plus tard, grâce à Terre des Hommes, elle débarque en Suisse pour trois mois de soins. Fille d'un ancien combattant pour l'indépendance, elle a droit à l'aide du Gouvernement algérien. «De 3 à 15 ans, j'ai vécu dans un centre du Gard (F) où j'ai récupéré un peu de muscles.» Puis, en 1986, en raison d'un plan d'austérité, l'Algérie met fin à ce soutien.

«Souriante, belle et courageuse, Mouna est un vrai rayon de soleil», dit d'elle l'une de ses amies, la Valaisanne Rachel Philippoz. En Suisse depuis 2002, Mouna Abbad a un permis B. Elle fait du bénévolat, de la peinture et milite pour des sites adaptés aux personnes en fauteuil roulant. A force de solliciter le haut de son corps, ses épaules sont endolories: «Une opération s'impose. Mais je ne veux pas être en arrêt-maladie alors que j'ai enfin un travail!»

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