CINDY SANTOS: «Je ne veux pas être une autre pour de l'argent»
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CINDY SANTOS«Je ne veux pas être une autre pour de l'argent»

Cinq ans après avoir participé à «Nouvelle Star», Cindy Santos sort enfin son premier album solo, «A contre cœur».

par
Fabrice Aubert

Une partie de l'interview en vidéo.

Vous sortez votre premier album cinq ans après votre participation à «Nouvelle Star». Pourquoi avoir attendu autant?

Parce que j'avais envie de faire un album personnel, sur mesure. Il fallait donc trouver une équipe. Et le financement aussi, puisque j'ai choisi d'être indépendante pour ne pas être formatée. Après trois ans d'enregistrement entre New York et la Suisse, j'ai enfin réussi à terminer ce disque.

Comment s'est passé cet enregistrement?

J'ai rencontré David Wehren et Akim Boukhit qui m'ont présenté des instrumentales assez funky soul qui m'ont inspirée puisque j'ai toujours voulu faire ce genre de musique assez new yorkaise. On a commencé par enregistrer basse, batterie et voix, pour avoir le groove et le rythme. Puis, on est parti sur New York en 2008 pour enregistrer tout ce qui est cordes, cuivres et claviers. Puis on est revenu en Suisse pour enregistrer les paroles.

Grâce à la «Nouvelle Star» vous vous étiez fait un nom. Avez-vous envie de vous en démarquer avec les années?

Non. Je suis restée la même. Sur le premier prime j'étais arrivée avec Aretha Franklin donc un morceau assez funky. C'était mon choix. J'avais envie de me présenter avec ce genre de musique donc mon album est une suite logique.

Mais n'est-ce pas trop tard de sortir cet album maintenant?

Pour moi c'est jamais trop tard. Il faut prendre le temps de faire ce qu'on aime et ne jamais regretter. Toujours croire en ses envies.

L'album s'appelle «A contre cœur», pourquoi?

Parce que je n'ai pas envie de faire des choses à contrecœur, d'être formatée. Je refuse d'être une autre personne pour de l'argent. Je préfère faire ma petite route avec mon instinct, mes envies. Et on verra ce que ça apportera.

Ces dernières années vous avez beaucoup œuvré dans un registre plutôt pop-electro-latino. Alors que votre album est funk et soul. Que vont en penser vos fans?

Ce sont deux projets différents. Guarana Goal c'est plus quelque chose de festif et latino, qui représente mes origines portugaises. Et c'est un groupe, alors que mon disque c'est Cindy en solo. C'est en quelque sorte mon autobiographie. Et il n'y a pas le côté latino.

Mais à qui s'adresse votre album alors?

Il s'adresse à ceux qui voudront bien l'écouter, qui sont intéressés de voir ce que je suis devenue après «Nouvelle Star». Mais aussi aux gens qui m'ont connue dans Guarana Goal.

Au sein de Guarana Goal vous chantez presque tout le temps en portugais. Alors que sur votre disque vous ne le faites que sur une chanson. Pourquoi?

J'avais envie de m'exprimer en français parce que je suis plus à l'aise et aussi parce que «Nouvelle Star» était une émission française.

Pourquoi n'avez-vous pas écrit tous les textes de l'album vous-même?

J'en ai écris cinq. Après on m'en a proposé trois qui m'ont énormément touchée donc je les ai tout de suite acceptés.

Dans «Famille», vous parlez du divorce de vos parents. Vous dites notamment «Ma vie a basculé, mon monde s'est écroulé». C'est quelque chose qui vous a vraiment beaucoup atteint?

Oui ça m'a beaucoup atteint. Je pense que si je n'étais pas passée par cette partie de ma vie, je ne serais pas autant battante qu'aujourd'hui. Donc c'est une chanson importante qui me tient à cœur.

Mais en quel sens votre vie a basculé?

Quand j'étais petite, j'ai eu une période de ma vie où j'étais assez gâtée, puisque j'étais fille unique. Et après, avec ces problèmes, il y a eu des séparations et des moments de conflits très difficiles. Et quand on a 13 ans, ce n'est pas facile à gérer. Pas évident de choisir si on part avec le papa au Portugal ou si on reste avec la maman en Suisse. Mais toute cette période m'a forgée.

Et votre famille, c'est pour quand?

(rires) Je ne suis pas pressée. Je sors déjà mon album qui est mon petit bébé. Mais je préfère prendre mon temps. Et utiliser mon temps pour la musique.

La musique prend trop de temps pour que vous puissiez avoir une relation?

Exact. J'essaye de gérer un peu les deux mais c'est vraie que la musique c'est ma priorité actuellement.

Dans «A contre cœur», vous dites «je ne veux plus me faire trahir». Vous avez été victime de beaucoup de trahisons?

Je suis assez naïve comme personne. Et je suis aussi très spontanée ce qui m'a trahi. Maintenant je gère autrement. Quand on est devant des journalistes on se dévoile un peu trop et on se fait trahir. Donc maintenant je sais ce qu'il faut exprimer ou garder pour soi. Il faut faire la part des choses entre le privé et le professionnel. Et ça avant, en sortant de la «Nouvelle Star», je ne m'en rendais pas trop compte.

Vous avez fait beaucoup de choses à contrecoeur dans votre vie?

Non, pas trop.

Votre album fait 30 minutes en tout. C'est court…

J'ai vraiment voulu me laisser aller dans chaque chanson, sans forcément faire des chansons avec une structure classique. Cela s'est fait spontanément,

Mais vous ne vouliez pas mettre plus de chansons?

J'ai voulu mettre 11 titres et le sortir en 2011 puisque je suis née le 11 mars.

Est-ce que vous vous êtes impliquée dans la réalisation musicale de l'album?

C'est un album sur mesure donc j'ai toujours donné mon avis. J'étais présente à tous les niveaux de la réalisation du disque, que ce soit sur New York où la Suisse, puisque ça concerne mon autobiographie.

Vous allez participer à la «Revue» de Cuche et Barbezat. Quel va être votre rôle?

C'est une surprise, on ne peut pas le dévoiler. (rires)

Vous aviez joué dans «Heidi», avez-vous d'autres projets à la télévision ou au cinéma?

Pour le moment je me concentre sur la sortie de mon album. Après on verra… Mais je ne suis pas pressée.

Grâce à cet album, vous espérez pouvoir vivre de la musique?

J'ai un boulot à côté, je ne le cache pas. Pour l'instant je ne me pose pas de question, je vis ma vie comme elle vient et je me fais plaisir. J'ai mon petit job, ma petite stabilité et c'est ce qui compte pour moi.

Son avis sur le procès du Dr Murray

Fan inconditionnelle de Michael Jackson (elle se l'est même fait tatouer sur le corps), Cindy suit le jugement du médecin soupçonné de lui avoir injecté une dose mortelle de propofol. Elle nous donne son avis: «Malheureusement je suis ce procès. J’essaye de voir ce qui se passe et je préfère pour l’instant ne pas juger, mais j’ai mes idées. Quand ils ont montré la photo de Michael Jackson mort, ce n’était pas facile, ça m’a vraiment touchée et ça me touche encore. A l’annonce de la mort je n’avais pas vraiment réalisé, je me disais que ce n’était pas possible. Mais le fait d’avoir vu cette photo, ça m’a cassée d’un coup. Et maintenant il faut faire face à ça. C’est pas évident, après 2009, de revivre ça en 2011. Pour les fans c’est pas évident. On a cette rage en nous et on se dit que s’il va en prison il n’ira que quatre ans. Je trouve que c’est peu pour quelqu’un qui a tué la grande star mondiale.»

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