Actualisé 06.06.2018 à 21:47

Genève«Je ne veux pas parler de sexe, ça a tué ma fille»

La famille de la petite Semhar, assassinée en 2012, a témoigné mercredi devant les juges. Au troisième jour du procès l'accusé persiste à nier les faits.

Le chauffeur de taxi est accusé du viol et du meurtre de la fille de sa compagne.

Le chauffeur de taxi est accusé du viol et du meurtre de la fille de sa compagne.

A Genève, le troisième jour du procès du chauffeur de taxi jugé pour avoir violé et étranglé une jeune fille de 12 ans a connu des moments de tensions et d'émotions avec la déposition des proches de la victime. «Je comprends la colère de la famille, mais ceci ne fait pas de moi un coupable», a néanmoins déclaré mercredi le prévenu.

L'aînée de la fratrie a tenu des propos touchants. «Semhar était ma petite soeur, nous avions un an et demi d'écart, et on me l'a enlevée du jour au lendemain». Elle a déclaré ne plus arriver à se projeter dans l'avenir depuis le drame. La jeune femme de 19 ans a reproché au prévenu «de lui avoir arraché un bout de son coeur».

La mère de Semhar s'est également exprimée. Elle entretenait une liaison avec l'accusé. «Notre relation était bonne», a-t-elle indiqué, en parlant de son couple. Aujourd'hui, elle voue au prévenu une haine féroce, convaincue qu'il est bien l'assassin de son enfant.

«C'est le seul qui savait que ma fille était seule à la maison» lorsqu'elle a été violée et tuée, a souligné la mère. Le prévenu ment toujours, a-t-elle ajouté. Semhar a été décrite par sa mère comme une jeune fille obéissante et gentille. «Nous avions une relation très forte et on se racontait tout».

Plus parler de sexe

Le prévenu, qui dormait deux à trois fois par semaine à la maison, connaissait les habitudes de Semhar. Interrogée par la défense sur ses relations intimes avec l'accusé, la mère a refusé de s'exprimer sur le sujet. «J'ai déjà tout dit et je ne veux pas parler de sexe, car c'est ça qui a tué ma fille».

La famille a déménagé et n'habite plus le quartier de la Tambourine, à Carouge. Il aurait été très difficile de vivre dans l'appartement dans lequel ma fille a été assassinée, a expliqué la mère. Aujourd'hui, leur nouveau logement donne sur le cimetière où est enterrée Semhar.

Requête maladroite

Avant les dépositions de la famille de la victime, la défense de l'accusé, représenté par Vincent Spira et Yaël Hayat, a déposé une requête qui a provoqué colère et consternation du côté des parties plaignantes. Elle voulait que soit présentée devant le tribunal criminel la robe que portait Semhar lors de son assassinat.

Le but de la démarche était de vérifier si la description du vêtement qui figure dans l'acte d'accusation, qui parle d'une tenue légère, correspondait bien à la réalité. La présidente du tribunal Isabelle Cuendet a rejeté la demande, estimant qu'il existait suffisamment de photos du vêtement dans le dossier. (ats)

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