Tuerie d’Uvalde : «Je ne veux pas que ça se reproduise», implore une fillette devant le Congrès 

Publié

Tuerie d’Uvalde «Je ne veux pas que ça se reproduise», implore une fillette devant le Congrès 

Survivante du massacre du 24 mai au Texas, Miah Cerrillo a à nouveau décrit l’horreur mercredi, lors d’une audition sur la régulation des armes à feu aux Etats-Unis.

Miah Cerrillo a assuré qu’elle ne se sentait plus en sécurité à l’école.

Miah Cerrillo a assuré qu’elle ne se sentait plus en sécurité à l’école.

Getty Images via AFP

«Je ne veux pas que ça se reproduise», a imploré mercredi une fillette de 11 ans, rescapée de la tuerie du 24 mai dans une école primaire du Texas, devant le Congrès américain.

«Il a tiré sur certains de mes camarades»

Miah Cerrillo, qui s’est couverte du sang d’un camarade dont le cadavre se trouvait à côté d’elle pour échapper à l’attention du tireur, a replongé le pays dans l’horreur de la fusillade d’Uvalde, où 19 enfants et deux enseignantes avaient été tués, lors d’une audition sur la régulation des armes à feu aux Etats-Unis.

L’assaillant a «tiré sur mon institutrice, il a dit «bonne nuit» à mon institutrice et il lui a tiré dans la tête. Ensuite, il a tiré sur certains de mes camarades et sur le tableau», a témoigné la petite fille dans des propos retransmis par vidéo.

Plus en sécurité à l’école 

«Quand je me suis rapprochée des sacs à dos, il a tiré sur mon ami qui était juste à côté de moi et j’ai pensé qu’il allait revenir dans la pièce», a-t-elle raconté. «Donc j’ai pris un peu de sang et je me le suis étalé partout... Je suis restée silencieuse, puis j’ai attrapé le téléphone de mon institutrice et j’ai appelé (le numéro d’urgence) 911.»

Miah Cerrillo a assuré qu’elle ne se sentait plus en sécurité à l’école.

Le Congrès américain, qui débat d’un encadrement limité des armes à feu, a aussi entendu le témoignage de Roy Guerrero, pédiatre d’Uvalde, qui a décrit des corps d’enfants «pulvérisés, décapités, déchiquetés par les balles». «Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est si nos politiciens nous laissent tomber par entêtement, par passivité ou les deux», a-t-il lancé.

Promesses de Joe Biden 

«En tant que société, nous avons laissé tomber nos enfants», a dénoncé Carolyn Maloney, l’élue démocrate qui a organisé l’audition, appelant à des lois ambitieuses sur la régulation des armes à feu.

Le président américain Joe Biden a maintes fois promis d’agir contre cet effroyable fléau que les gouvernements successifs ont jusqu’à présent été incapables d’endiguer. Mais dans un pays où près d’un adulte sur trois possède au moins une arme à feu, les conservateurs s’opposent vivement à toute mesure qui pourrait aller à l’encontre des droits «des citoyens respectueux de la loi».

L’étroite majorité du parti de Joe Biden au Congrès ne lui permettant pas d’adopter seul une loi sur les armes, tout le défi est donc de trouver des mesures qui pourraient obtenir l’aval de républicains.

Négociations au Sénat

Des discussions au Sénat tournent pour le moment autour de propositions limitées, comme la vérification des antécédents judiciaires ou psychologiques des acheteurs d’armes individuelles, ce que des associations réclament depuis des années.

Son chef démocrate Chuck Schumer avait indiqué jeudi que la chambre haute voterait sur «des mesures d’encadrement des armes à feu», sans donner plus de détails.

En parallèle, la Chambre des représentants a voté mercredi soir en faveur d’un autre grand projet de loi qui interdirait entre autres la vente de fusils semi-automatiques aux moins de 21 ans et celle des chargeurs à grande capacité. Ces mesures sont vivement critiquées par l’opposition républicaine. Il paraît donc impossible qu’elles puissent passer l’étape du Sénat, où le soutien de 10 conservateurs est nécessaire en raison des règles de majorité qualifiée.


(AFP)

Ton opinion