Genève: «Je ne veux pas rester un criminel toute ma vie»
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Genève«Je ne veux pas rester un criminel toute ma vie»

Condamné en décembre 2013 à 13 ans de prison par le tribunal criminel, l'auteur d'une violente agression à l'encontre d'une dame âgée tente depuis lundi d'obtenir une réduction de peine.

Il a déposé sa requête devant la Chambre pénale d'appel et de révision. Son complice présumé, qui a écopé de huit ans de prison, demande quant à lui un acquittement. Le jugement devrait être rendu mardi.

En première instance, l'agresseur avait été reconnu coupable de tentative d'assassinat. Ses avocats estiment que seul le brigandage aggravé devrait être retenu à son encontre. Le Marocain de 27 ans, multirécidiviste, s'en était violemment pris à une dame de 80 ans en février 2012, à Chêne-Bourg (GE).

Il avait pénétré dans l'appartement de la veuve, l'avait menacée avec un couteau pour obtenir le code de sa carte bancaire, puis l'avait ligotée et bâillonnée, avant de l'abandonner, ainsi immobilisée, dans la baignoire de la salle de bains. L'homme avait ensuite refermé l'appartement à clé.

Un voisin attentif

La vieille dame n'avait dû la vie qu'à un voisin pompier professionnel qui l'a entendu faire du bruit et qui, possédant les clés de l'appartement, lui a porté secours. Ce fait divers avait suscité un grand émoi à Genève. Le procureur général Olivier Jornot avait en personne suivi l'affaire et soutenu l'accusation.

Le complice présumé de l'agresseur, également de nationalité marocaine, a été considéré comme le cerveau de l'affaire par le tribunal criminel. Informé que la dame vivait seule, il avait envoyé son acolyte chez elle. Durant l'opération, les deux hommes avaient communiqué par téléphone.

Cette version est aujourd'hui contestée. Le chef présumé du duo, bien qu'habitant dans le même pâté d'immeubles que la vieille dame, a indiqué ne pas avoir fait attention à elle, n'avoir pas été au courant du vol commis par son ami et avoir appris ce qui était arrivé à la victime après son arrestation seulement.

L'agresseur, de son côté, a affirmé avoir changé. «Je ne veux pas rester un criminel toute ma vie». Il a précisé devant les juges ne pas avoir eu l'intention de faire de mal à sa victime et que si la vieille dame en avait un jour besoin, il était prêt à «lui faire don d'un de ses organes». (ats)

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