Sondage 20 minutes: «Je prends le temps de manger plus sainement»
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Sondage 20 minutes«Je prends le temps de manger plus sainement»

Sur 7000 personnes sondées, 41% gardent un poids stable en période de crise. Quelques 28% ont perdu des kilos, alors que 31% en ont gagnés.

par
Lauren von Beust
Selon notre sondage, 41% d'entre vous confient maintenir un poids stable depuis que l'on vous demande de rester à la maison. Quelques 28% autres perdu des kilos, contre 31 % qui en ont gagnés.

Selon notre sondage, 41% d'entre vous confient maintenir un poids stable depuis que l'on vous demande de rester à la maison. Quelques 28% autres perdu des kilos, contre 31 % qui en ont gagnés.

AFP/Photo d'illustration

La situation extraordinaire que nous vivons actuellement fait que les déplacements entre le salon et la cuisine sont nombreux, alors que l'espace pour se dépenser s'est en revanche drastiquement restreint. Selon les résultats de notre sondage en ligne, sur près de 7000 participants, 41% confient maintenir un poids stable depuis l'annonce des mesures fédérales contre le coronavirus en mars dernier.

Trouver son équilibre

Vous êtes en effet nombreux à conserver ou développer de bonnes habitudes alimentaires: «Cette période m'est bénéfique, car j'ai davantage de temps pour cuisiner, donc je fais en sorte de manger plus sainement», partage une lectrice. Un résultat concluant sur le plan de la santé selon Magali Volery, diététicienne et psychologue au Centre de Consultations Nutrition et Psychothérapie (CCNP): «Le temps disponible permet en effet de tester des recettes, voire même d'en imaginer soi-même. Car il est simple et rapide d'obtenir une nourriture saine en travaillant les légumes de saison, par exemple.» Après tout, entre le salon et la cuisine, il n'y a qu'un pas.

Notre sondage révèle également que quelque 28% des sondés ont même perdu du poids depuis qu'il est demandé de rester à domicile. «Pour ma part, je profite de marcher au moins 40 minutes tous les matins autour de chez moi, temps que je perdais habituellement dans les transports. Et puis je m'occupe de mon jardin, ce qui est parfois physique. J'ai déjà perdu 5 kilos», confie un autre lecteur. Une initiative encouragée par les professionnels de la santé. «Alors que l'inactivité physique liée à l'obligation de rester chez soi peut contribuer à un risque de prise de poids, il faut garder à l'esprit que notre poids idéal représente le bon équilibre entre ce que l'on consomme et ce que l'on dépense», rappelle Mathilde Chappuis, également diététicienne et psychologue au CCNP.

Une tendance à grignoter

Si la plupart d'entre vous affirment tirer profit de cette situation particulière, 31 % d'entre vous rapportent en revanche avoir pris du poids, dont 4% précisant avoir gagné entre 5 et 10 kilos depuis le milieu du mois de mars. Une tendance qui notamment peut s'expliquer par le grignotage. Il semblerait que les aliments directement sortis de l'emballage, tels que les biscuits, le chocolat, les glaces ou encore les chips, soient les proies les plus faciles. «Avoir de la nourriture à disposition toute la journée est un déclencheur de prise alimentaire, confirme Magali Volery. Pour y remédier, il convient d'éloigner les aliments tentants de notre vue, tout en définissant clairement des horaires de repas: petit-déjeuner, dîner, goûter et souper.»

Même si le grignotage n'est pas l'unique cause d'une prise de poids, les deux diététiciennes conseillent de faire attention aux excès, qui pourraient avoir un impact sur la santé physique comme mentale des individus: «Il est aussi important de s'accorder des exceptions, en se donnant le droit de manger entre les repas, sans excès. Car manger en pleine conscience peut éviter de gros débordements, comme des crises de boulimie par exemple.» Ces dernières années, le nombre de Suisses souffrant de surcharge pondérale est resté relativement stable. Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), près de 42% d'adultes sont en surpoids dont 11% sont obèses. Quant aux enfants, environ 15% d'entre eux s'avèrent être en surpoids ou obèses.

Émotions décuplées pendant la crise

Il est donc conseillé de s'occuper l'esprit pour chasser l'image persistante du frigo plein : «Être actif permet d'éviter les ruminations. Lire, faire des puzzles, du classement ou du tri sont des exemples de remèdes contre les mauvaises habitudes alimentaires qui, une fois installées, peuvent être difficiles à déloger», détaille Magali Volery.

Mais au-delà de la dimension environnementale, notre état émotionnel pendant cette période de coronavirus est à prendre en compte. Mathilde Chappuis développe: «Inquiétude, angoisse, déprime, isolement, solitude et ennui sont des émotions fréquentes qui peuvent déclencher des envies de manger, indépendamment de la faim, bien souvent.» Une sorte de compensation face au mal-être qui peut être ressenti en cette crise sanitaire mondiale.

Quelques astuces chez vous

- Structurer sa journée en définissant un planning d'activités

- Définir des horaires de repas pour manger moins souvent

- Apprendre à cuisiner des plats à base de légumes

- Distinguer la faim de la soudaine envie de manger, tout en s'autorisant des exceptions

- Exercer une activité physique à la maison, comme faire des abdos et de la gym, ou aller marcher seul dehors pendant une heure

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