Viol collectif au Brésil: «Je sens de la saleté sur mon corps et ma bouche»
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Viol collectif au Brésil«Je sens de la saleté sur mon corps et ma bouche»

L'adolescente de 16 ans violée par 33 hommes à Rio de Janeiro est sortie de son silence. Son témoignage à la télévision brésilienne est aussi glaçant que terrifiant.

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Six hommes et un mineur ont été inculpés pour le viol d'une mineure de 16 ans. (Vendredi 17 juin 2016)

Six hommes et un mineur ont été inculpés pour le viol d'une mineure de 16 ans. (Vendredi 17 juin 2016)

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Rai de Souza, 22 ans, s'est rendu de lui-même à la police, lundi 30 mai ; il a reconnu être l'auteur de la vidéo du viol collectif de l'adolescente, postée sur Twitter le 21 mai. Sur les 6 personnes recherchées pour le moment, deux ont été arrêtées. (Image - 30 mai 2016)

Rai de Souza, 22 ans, s'est rendu de lui-même à la police, lundi 30 mai ; il a reconnu être l'auteur de la vidéo du viol collectif de l'adolescente, postée sur Twitter le 21 mai. Sur les 6 personnes recherchées pour le moment, deux ont été arrêtées. (Image - 30 mai 2016)

Keystone
Les mandats d'arrêt et de perquisition concernent notamment Lucas Perdomo Duarte Santos, 20 ans, joueur de football prometteur qui serait le petit ami de la victime, et Rai de Souza, qui a reconnu être l'auteur de la vidéo, ainsi qu'un chef du trafic de drogue de la favela située dans la zone ouest de Rio. (Image - 28 mai 2016)

Les mandats d'arrêt et de perquisition concernent notamment Lucas Perdomo Duarte Santos, 20 ans, joueur de football prometteur qui serait le petit ami de la victime, et Rai de Souza, qui a reconnu être l'auteur de la vidéo, ainsi qu'un chef du trafic de drogue de la favela située dans la zone ouest de Rio. (Image - 28 mai 2016)

Reuters

Elle est traumatisée. Elle ne se souvient pas de tout. Mais certains moments de lucidité, des flashes, reviennent, parfois. Et ils sont froids, crus, terribles. Des mains, des bouches sur son corps, des voix, des rires, des moqueries pendant de longs moments, alors qu'elle était en train de se faire violer par 33 hommes après avoir été droguée lors d'une fête. L'adolescente de 16 ans a raconté ces heures de calvaire à TV Record. «Je me suis réveillée. Il y avait un homme au-dessus de moi, un en dessous et deux autres qui me tenaient les mains, raconte-telle. Plusieurs personnes se moquaient de moi. Il y avait beaucoup d'hommes en train de rire et de parler sur moi. J'ai cru que j'allais mourir.»

La police sous le feu des critiques

La jeune fille se souvient de s'être réveillée dans une maison abandonnée d'une favela de Rio, juste avec un lit. Dans une pièce de cet édifice, 33 hommes ont abusé d'elle sexuellement. «Moi, j'en ai compté 28», affirme celle qui ne cesse de prendre des bains à longueur de journée. «Je me suis sentie coupable, plusieurs fois même. Je ne sais pas de quoi. Je sens de la saleté sur mon corps, ma bouche, mes yeux.»

La victime, hospitalisée pour y recevoir notamment des traitements préventifs contre le sida et l'hépatite C, reproche notamment à la police brésilienne son comportement. «Ils m'ont demandé ce que je faisais là et si j'avais participé à une orgie. Ils cherchaient à me faire culpabiliser», conclut l'adolescente.

Selon l'ONG Forum de sécurité publique, la police brésilienne a enregistré une agression sexuelle toutes les onze minutes en 2014. Sachant que seuls 10% des cas seraient dénoncés, selon la même association, le nombre de viols au Brésil pourrait dépasser les 500'000 par an, sur une population totale de 204 millions d'habitants.

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