Génétique: «Je sens le poisson pourri»
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Génétique«Je sens le poisson pourri»

Camille est superbe, elle a même travaillé comme modèle pour payer ses études universitaires. Cette américaine souffre pourtant d'une maladie particulière : elle ne sent pas très bon.

Femme intelligente et jolie, elle aurait tout pour plaire. Camille souhaite devenir enseignante et vient d'obtenir son diplôme pédagogique. Malheureusement, la belle ne sent pas bon et il lui semble impossible d'enseigner dans ces conditions. «Les étudiants vont dire tout de suite : beurk, ça pue le poisson pourri dans cette salle de classe !», avouait la jeune femme au site d'information ABCnews.com. Elle angoisse à l'idée qu'on la surnomme «Madame Poisson» et craint que les auditoires ne se vident aussi vite que l'odeur nauséabonde se répand.

Pourtant, la jeune enseignante lutte apparemment depuis plus de trente ans et par tous les moyens contre cette odeur tenace. Parfums puissants, sprays, rien n'y fait.

Lapidée avec des sandwiches au thon

A l'école, ses petits camarades et ses professeurs n'étaient pas très compréhensifs. Elle évoque ses souvenirs douloureux: «Un jour, un prof m'a demandé si je me douchais régulièrement avant de me punir en me plaçant au coin un long moment». Quelques années plus tard, la situation empire encore: «On m'a quasiment lapidée avec des sandwiches au thon», se souvient-elle.

Le plus inquiétant, c'est que Camille ne se rend pas aussi vite compte de ses désagréables émanations que son entourage.

Les répercussions négatives sur ses relations amoureuses ne se sont pas fait attendre et le désespoir lié à ses chagrins l'a plusieurs fois fait songer au suicide.

Une maladie qui a un nom

Après avoir consulté en vain plusieurs spécialistes, Camille rencontre la jeune Sandy qui souffre du même problème qu'elle et pose enfin un nom sur sa maladie: la triméthylaminurie (TMAU) ou syndrome de l'odeur de poisson.

Sandy propose à Camille de rencontrer le docteur George Preti à Philadelphie au Monell Chemical Senses Institute (institut spécialisé dans la recherche chimique). A leur grand soulagement, elles apprennent qu'il existe plus de 600 cas connus de victimes du syndrome TMAU dans le monde. Il s'agit en fait d'un dérèglement de la sudation de tous l'organisme, dont la cause est génétique dans la plupart des cas. L'excrétion anormale de triméthylamine est donc à l'origine de ces mauvaises odeurs. Selon le spécialiste George Preti, il suffirait de modifier son comportement alimentaire pour s'en débarrasser.

rre/pim

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