Actualisé 24.11.2009 à 16:10

Drame du parc aux ours à Berne«Je suis catégorique: il y a eu un seul coup de feu après l'agression»

Le témoignage du vidéaste qui a filmé l'ours Finn en train d'attaquer un jeune handicapé dans le parc de Berne diffère de la version officielle publiée dans les médias. Vidéos à l'appui, il raconte ce qu'il a vu.

de
Mathieu Coutaz

«J'ai assisté à toute la scène depuis le moment où le handicapé s'est trouvé dans l'enclos jusqu'à ce que l'ours ait quitté le parc.» François*, le témoin qui a assisté à la scène et l'a filmée, préfère garder l'anonymat car il ne veut pas se faire de la publicité pour la vidéo amateur qu'il a tournée.

François ne croit pas aux explications de certains médias, selon lesquels l'ours aurait lâché sa proie après le tir du policier. «Je suis catégorique, explique-t-il. Il y a eu un seul coup de feu tiré environ cinq secondes après la fin de la vidéo. C'est-à-dire après la fin de l'agression de l'ours sur le jeune handicapé.»

Positionné avec sa caméra très proche des policiers, François dit avoir très bien entendu cet unique coup de feu: «On se trouvait sur le pont, 10 mètres plus haut que les policiers.»

D'après la vidéo ci-dessus, l'ours se trouvait donc, au moment du coup de feu, à environ 25-30 mètres des policiers qui, eux, se tenaient à hauteur du malheureux blessé à terre. De plus, aucune détonation n'est audible sur l'ensemble des vidéos fournies par notre témoin.

«Comme l'animal n'a pas bougé, on a pensé que les policiers avaient raté leur cible. L'ours à continué à s'éloigner et sa démarche n'indiquait pas qu'il était blessé», rajoute François.

«La police ne savait pas quoi faire»

«Ce qui m'a surpris dans cette affaire, c'est qu'on avait l'impression qu'il n'y avait aucune procédure de secours en place. On s'attendait à voir l'intervention d'un responsable du parc, ou d'un soigneur qui puisse attirer l'ours ailleurs. Mais au lieu de cela, les policiers semblaient ne pas savoir comment faire. Ils ne savaient pas comment descendre dans le parc. On s'est aussi demandé pourquoi les pompiers présents pendant l'agression n'ont pas utilisé leur lance à eau afin de gêner l'ours.»

«Je n'ai pas vu le handicapé descendre, mais contrairement à ce que j'ai pu lire dans les médias, je ne suis pas sûr que ce jeune homme soit tombé du mur de quatre mètres. Si c'était le cas, il se serait fait mal. J'ai plutôt l'impression qu'il est volontairement descendu dans le parc en s'accrochant aux pics fixés dans le mur. Ces pics servent à empêcher l'ours de sortir, mais pas à quelqu'un d'y entrer. Ensuite le jeune homme s'est dirigé calmement vers l'ours avec un sac dans les mains. Face à son attitude, j'ai d'ailleurs pensé qu'il s'agissait d'un soigneur. Il faisait des gestes pour attirer l'ours vers lui.»

François estime que le parc est très bien sécurisé et que le problème ne vient pas de là: «En se promenant autour, on s'est senti en totale sécurité. Par contre, je me demande où se trouvait le tuteur du jeune handicapé. Comment des personnes atteintes mentalement peuvent se promener seules? Cet homme aurait très bien pu vouloir descendre avec un enfant dans le parc. J'espère que tous les deux s'en sortiront.»

Soumise au secret de l'instruction, la police cantonale bernoise refuse de commenter la chronologie des faits.

* Nom connu de la rédaction

Attention, certaines images de cette vidéo peuvent choquer.$$VIDEO$$

Images d'une rare violence

La vidéo diffusée sur «20 minutes online» témoigne de la violence de l'attaque. Ces images cruelles justifient la réaction de la police, qui a ouvert le feu sur le plantigrade. Elles sont aussi de nature à nuancer la compassion pour cet ours, qui fait figure de victime dans les nombreux courriels reçus par le directeur du parc bernois et par la rédaction de «20 minutes online».

Notre rédaction a décidé de publier ces images - en prenant soin de respecter l'anonymat de la victime - afin de rappeler l'extrême dangerosité de l'animal et contribuer à mieux éclairer l'opinion de nos internautes. Cette vidéo est susceptible de choquer certaines sensibilités. C'est pourquoi elle est accompagné d'un avertissement et ne doit pas être utilisée en dehors de son contexte.

La rédaction

Les balles déformantes

C’est une munition dite à expansion contrôlée qui a été tirée sur l’ours afin de l’immobiliser, a confirmé mardi matin la police bernoise. L’utilisation de ce type de balles est standard chez une majorité de polices cantonales suisses depuis 2007. Elles ont remplacé les balles blindées, perforantes, qui avaient tendance à provoquer des dommages collatéraux.

Les balles déformantes sont en partie creuse. De fait, à l’impact, elles s’écrasent sur elles-mêmes et pénètrent peu profondément dans leur cible, sans se fragmenter. Le risque de voir une balle transpercer son objectif et ainsi toucher involontairement une tierce personne est fortement diminué. En revanche, les blessures infligées par ce type de projectiles sont généralement plus graves qu’avec des balles blindées.

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