Genève: «Je suis obligé de passer mes nuits dans la voiture»
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Genève«Je suis obligé de passer mes nuits dans la voiture»

Sans domicile depuis le 1er janvier, un père de famille raconte sa descente aux enfers.

par
Giancarlo Mariani

«Je n'aurais jamais pensé tomber aussi bas», lâche Antonio. Sans domicile depuis le 1er janvier, cet Italien de 42 ans, marié et père d'un garçon de 19 mois, est obligé de dormir régulièrement dans sa Fiat Stilo.

«Mon bail de sous-location est arrivé à échéance le 31 décembre, déplore-t-il. J'ai été obligé de quitter un quatre-pièces à Champel. Ma femme et mon fils ont heureusement trouvé refuge chez des amis. Mais ils vivent à huit dans un deux-pièces. En attendant de dénicher un autre logement, je me suis réfugié dans ma voiture.»

Un abri bien précaire lorsque les températures frôlent facilement les –10 degrés. «Je ne ferme quasi pas l'oeil de la nuit», reconnaît-il, les yeux cernés par la fatigue et la maladie. «Pour chauffer l'habitacle, j'allume le moteur. Ou alors je roule. Ces précautions ne m'ont pas empêché d'attraper une bronchite et une otite», gémit-il en brandissant un certificat médical des HUG.

Pris dans ce cycle infernal dont il ne voit plus l'issue, ce représentant en publicité au chômage depuis un mois avoue avoir peur de glisser définitivement dans la marginalité. «Se laver, se raser. Les gestes de tous les jours deviennent impossibles. Je me sens condamné», désespère-t-il. Je ne demande pourtant pas la charité. Ma femme et moi avons toujours travaillé. Je veux juste un logement et un peu de chaleur pour ne plus me retrouver seul sur le bord de la route.»

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