11.09.2020 à 17:32

Procès CharlieLes accusés émus face au «courage» des victimes

Le procès des attentats survenus en janvier 2015 à Paris se poursuit. Les accusés se sont tous désolidarisés des actes terroristes tout en saluant le courage des victimes.

Patrick Pelloux est un des rescapés de l’attaque de Charlie Hebdo à avoir témoigné cette semaine lors du procès qui se tient à Paris.

Patrick Pelloux est un des rescapés de l’attaque de Charlie Hebdo à avoir témoigné cette semaine lors du procès qui se tient à Paris.

AFP

Les accusés présents au procès des attentats de janvier 2015 en France se sont affirmés «émus» vendredi par le récit des proches des victimes et des survivants de la tuerie de Charlie Hebdo, disant «condamner» les attentats et le terrorisme.

Accusés d’avoir apporté un soutien logistique aux trois auteurs des attentats, qui ont été tués, ils assurent n’avoir rien su de leurs projets d’attaques.

«J’aimerais présenter mes condoléances aux familles: j’ai été impressionné par leur courage et leur dignité», a assuré Miguel Martinez, accusé d’avoir aidé l’un des tueurs, Saïd Kouachi, à se procurer des armes.

Il a été invité par la Cour d’assises spéciale de Paris à s’exprimer sur le récit des parties civiles, après une semaine de témoignages éprouvants.

«Semaine bouleversante»

«J’aimerais dire aux victimes qu’elles ont eu beaucoup de courage de venir témoigner. J’espère que ce procès leur apportera des réponses», a déclaré de son côté Abdelaziz Abbad, accusé des mêmes faits, assurant avoir ressenti un «choc» face aux images de l’attentat contre l’hebdomadaire satirique, projetées au procès.

Un message unanimement relayé par leurs co-accusés, dont plusieurs ont tenu à condamner les attentats. «Je condamne ce qui s’est passé, les attentats du 7, du 8, du 9. Je crache sur ces gens-là, les frères Kouachi que je ne connais même pas, sur Amédy Coulibaly que je croyais connaître», a déclaré Nezar Mickaël Pastor Alwatik, évoquant une «semaine bouleversante».

«Je suis musulman et je ne comprends pas pourquoi on tue au nom de Dieu, au nom du prophète, je ne comprends pas… On ne tue pas parce qu’on a fait un dessin, ça ne rentre pas dans ma tête», a abondé Metin Karasular, visiblement ému.

Réactions contrastées

Le principal accusé, Ali Riza Polat, a assuré de son côté se «désolidariser» avec «ce qu’ont fait» les auteurs des attaques de Charlie Hebdo, d’une policière à Montrouge et de la supérette juive Hyper Cacher, qui ont fait 17 morts: «Je suis extrêmement désolé pour les familles, j’ai rien à voir avec ça».

Ces déclarations, effectuées à la demande du président de la Cour après une nouvelle journée consacrée aux témoignages des proches de victimes, ont suscité des réactions contrastées dans la salle d’audience.

«Je suis très mal à l’aise avec ce que je viens d’entendre. Je peux comprendre que les accusés veuillent se démarquer des faits extrêmement graves, des images… Mais l’appréciation d’un témoignage d’une victime me dérange», a fait savoir Me Marie-Laure Barré, avocate de plusieurs parties civiles. «Ce n’est pas une appréciation!» ont protesté des avocats de la défense.

Au total, quatorze personnes sont poursuivies devant la Cour d’assises, soupçonnées à des degrés divers de soutien logistique aux auteurs des attentats. Parmi elles, trois sont jugées par défaut, dont Hayat Boumeddiene, compagne en fuite de Coulibaly.

Al Qaïda menace Charlie Hebdo pour avoir réédité des caricatures

Al Qaïda a menacé d’attaquer de nouveau la rédaction de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, qui a réédité des caricatures du prophète de l’islam Mahomet à l’occasion du procès de l’attentat de janvier 2015 contre le journal, selon le groupe américain Site, spécialisé dans la surveillance des organisations djihadistes.

Le raid meurtrier contre Charlie Hebdo «n’était pas un incident ponctuel», avertit l’organisation djihadiste dans sa revue publiée ce vendredi, en évoquant les «héroïques frères Kouachi», auteurs de l’attaque, qu’ils avaient revendiquée au nom d’Al Qaïda au Yémen avant d’être tués par les forces de l’ordre.

«Feu vert» de Macron

Pour marquer l’ouverture du procès à Paris des attentats contre Charlie Hebdo, des policiers et une supérette juive ayant fait 17 morts dans la capitale française en janvier 2015, le journal satirique a remis en une les caricatures de Mahomet, qui avaient fait de l’hebdomadaire une cible des djihadistes.

Le président Macron a «donné son feu vert» à cette réédition, accuse encore Al Qaïda. «Si votre liberté d’expression ne respecte aucune limite, préparez-vous à vous confronter à la liberté de nos actions», menace l’organisation djihadiste dans sa publication, parue ce 11 septembre, date anniversaire des attentats de septembre 2001 contre les États-Unis fomentés par le groupe djihadiste.

Toujours selon SITE, un média affilié à l’organisation djihadiste État islamique a également menacé Charlie Hebdo de représailles début septembre, après la republication de ses caricatures de Mahomet.

(AFP/NXP)

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