Actualisé 04.07.2013 à 05:29

Benoît Poelvoorde

«Je suis trop irresponsable pour avoir des enfants!»

Benoît Poelvoorde n'a jamais voulu devenir père. L'acteur belge préfère vivre avec son épouse et son chien.

de
Ludovic Jaccard
L'acteur pensait prendre sa retraite à 50 ans, mais il a changé d'avis.

L'acteur pensait prendre sa retraite à 50 ans, mais il a changé d'avis.

Le comédien de 48 ans incarne un mari infidèle dans «Le grand méchant loup», dès le 10 juillet au cinéma. Benoît Poelvoorde a adoré interpréter ce rôle, même si le métier d'acteur n'a jamais été sa vocation. De passage à Lausanne, l'humoriste s'est confié en toute sincérité.

Pourquoi avoir accepté ce rôle d'homme infidèle dans «Le Grand Méchant Loup»?

J'ai surtout voulu faire ce film à cause des deux réalisateurs, Nicolas et Bruno, parce qu'ils ont fait beaucoup de pub, mais ils ont surtout fait les sketchs «messages à caractère informatifs», sur Canal +. Ça durait trois minutes. Ils ont un univers hallucinant et un humour incroyable, totalement décalé. Ils m'ont donc proposé ce film. Il y avait Kad et Fred, le scénario était génial. Je l'ai trouvé subtil et drôle, même si le sujet est très bateau: un mec qui trompe sa femme. Trois frères qui profitent du coma de leur mère pour se dire qu'ils doivent se remettre en question. Mais le film est tellement drôle. Il y a des gags partout. J'ai aussi accepté ce personnage parce qu'il y avait Charlotte Lebon (rire). Et croyez-moi, j'ai passé un très joli moment avec elle. C'est une très jolie fille.

Votre personnage traverse la crise de la quarantaine. L'avez-vous aussi vécue dans votre vie?

Bien-sûr! Mais je n'ai pas fait ce film en me disant que ce scénario parlait de moi. Ce qui est marrant dans ce film, c'est que ces mecs veulent tromper leur femme, mais ils ne savent pas le faire. Si tu veux mettre en danger ton couple et ta famille, il faut avoir les épaules pour le faire! Et dans le film, ils ne les ont pas. Ils n'ont aucune technique pour ça. Dans ma vie personnelle, j'ai traversé une période où j'ai eu peur de la mort. Je me suis senti obligé de savoir si je me sentais toujours en vie et capable de séduire quelqu'un d'autre. J'ai donc fait beaucoup de mal aux autres parce que je ne sais pas mentir.

Vous êtes marié, sans enfant. Pensez-vous en avoir un jour?

Non. J'admire et je respecte les gens qui ont des gosses, mais moi personnellement, je suis irresponsable. J'ai un chien, c'est déjà bien. Je me suis rendu compte assez tôt qu'il ne fallait pas que j'aie des enfants. Je ne me sens pas capable de m'occuper de quelqu'un d'autre à part moi-même. Et déjà avec moi-même, j'ai du mal! Mais je n'ai rien contre les gens qui ont des enfants, au contraire. Je suis parrain de quatre enfants. Les gamins m'aiment bien parce que j'ai un gros nez!

Dans le film, votre maman est dans le coma. On voit que votre personnage entretient un lien fort avec elle. Est-ce aussi le cas avec votre propre mère?

Oui vraiment. Je suis très attaché à elle, d'autant plus que j'ai perdu mon père assez jeune. Donc le dernier relais d'affection qui a été double, c'était ma maman. Je l'aime comme tous les garçons aiment leur maman car c'est la personne qu'on aime le plus au monde. Ces femmes sont les maîtres du monde.

Est-elle fière de votre carrière?

Quelle maman ne serait pas fière du parcours de son enfant? C'est pour ça que je plains les gens qui ne sont pas aimés par leur mère. Pour moi c'est l'image la plus terrible au monde: une mère qui n'aime pas son enfant, qui ne le respecte pas. C'est d'ailleurs ce qui m'a fait réfléchir sur la question d'avoir des enfants ou pas. Est-ce que je saurais supporter l'idée qu'il arrive quelque chose à mon enfant? Qu'il ne soit pas heureux? Rien que cette idée... que faire s'il n'est pas heureux ? Je ne saurai pas quoi faire. Je sais que ma mère est souvent inquiète. Elle le sera toute sa vie. On ne grandit jamais dans les yeux d'une mère.

Avant d'être acteur vous avez été dessinateur pour enfants et photographe. Le cinéma n'a pas été une vocation?

Non, en aucun cas. C'est le destin en fait. J'ai vécu avec 98 % de chance. Cela a toujours été des hasards, des rencontres. Je n'ai jamais voulu être acteur. Mais je me suis dit que j'allais gagner beaucoup d'argent rapidement sans rien foutre. Car c'est un métier de paresseux. Donc une fois que j'ai compris que je pouvais tracer ma ligne et que ça ne décevait pas les gens et que je ne manquais pas de respect ni à moi-même, ni aux autres, j'ai continué.

Vous aviez dit que vous alliez arrêter de tourner des films lorsque vous aurez 50 ans...

Oui, mais j'ai trouvé la solution. D'abord, on ne refuse pas de travailler en période de crise. Mais je sais que la Suisse ne connaît pas la crise. En fait j'ai eu beaucoup de propositions parce que 50 ans, c' est un âge merveilleux pour les acteurs. On peut jouer beaucoup de choses différentes. J'ai aussi beaucoup de chance car j'ai pu jouer plein de rôles différents. Comme je n'ai pas une gueule de jeune premier, j'ai la chance d'avoir une tête qui passe partout. Donc c'est difficile de refuser les offres de réalisateurs qu'on aime bien. En plus je suis né dans une famille où on ne refuse jamais du travail. J'ai eu l'envie de prendre ma retraite car j'avais l'impression que le cinéma m'épuisait. Là cette année, j'ai tourné 4 films! Vous imaginez ?

Vous avez tourné récemment à Vevey. Quelles autres villes de Suisse connaissez-vous?

J'ai visité la Gruyère. Je suis allé à Gland car le village m'inspirait. J'ai bien aimé Montreux et je me suis souvent promené dans les hauts de Vevey avec mon chien. Je sais que ça fait démago de dire ça, mais j'adore les Suisses. Je vis à Namur, en Belgique, au bord de la Meuse. C'est très vallonné. J'habite dans une maison du 19ème siècle. Elle date de 1901. Donc quand je viens à Vevey avec son bord du lac, je me sens comme chez moi. C'est-à-dire la villégiature dans toute sa splendeur. Ma maison est une ancienne maison de villégiature, c'est-à-dire que je construis comme au 19ème siècle, avec les même matériaux. On me traite de vieux réac, mais j'en ai rien à foutre. Je suis très ordonné. Quand quelqu'un jette un papier parterre, je m'énerve. Je conviens donc bien à l'esprit suisse! Mais il y aussi le caractère des Suisses que j'aime. J'ai fait des fêtes ici! Vous êtes tellement corrects, courtois, élégants que c'est génial de faire des fêtes avec vous. Parce que jusqu'au bout vous restez élégants. Alors que chez nous, faut toujours que ça finisse en eau de boudin!

Vous ne voudriez pas vous installer en France pour votre métier?

Non, je ne pourrais pas vivre ailleurs que chez moi. Je suis né à Namur et j'y resterai. J'adore ma ville. J'ai essayé d'avoir un appart' à Paris, mais je l'ai vendu. Ça m'a gonflé. Je n'aime pas les Parisiens. Ils sont trop agressifs. Mais nous, les Suisses et les Belges, on a des caractéristiques communes. On se fout de notre accent, de notre gentillesse, de notre bienveillance. Mais ce qui est sûr c'est qu'on a une vraie bonhommie de vivre. Je n'ai rien contre les Français, d'ailleurs ma femme est française, mais les Parisiens sont trop agressifs. Je compare souvent Paris à une espèce de piédestal de lions, dans les cirques. C'est comme si on se mettait à 200 personnes sur ce piédestal tout petit. Et tous ces gens se poussent pour être dans la lumière. Et s'il y en a un qui tombe, la place se referme directement et tout le monde essaie de remonter dessus. En fait, il ne faudrait pas avoir peur de tomber de ce piédestal pour aller se ressourcer à l'ombre, parce que c'est justement ce qui suscite la créativité. C'est de vivre la vie quoi! Si vous restez tout le temps au milieu du crique vous n'apprendrez que des numéros de cirque. C'est pour ça que je n'aime pas Paris. Il y a cette espèce de peur panique de ne pas pouvoir continuer à y rester. Ça fout les boules. Alors je me dis que je préfère ne pas y aller. Mais j'ai une chance inouïe: j'y vais quand j'en ai envie. Mais je ne vais jamais dans les soirées people. J'y suis allé une ou deux fois quand j'avais 40 ans, mais vous n' y verrez plus jamais ma gueule. Parce que je m'emmerde dans les soirée parisiennes! Alors que je me suis bien amusé dans quelques bars sordides de Suisse! (rires)

Regardez la bande-annonce du film «Le Grand Méchant Loup», dès le 10 juillet au cinéma:

Suivez toute l'actualité des stars sur les réseaux sociaux avec «20 minutes»:

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!