Viol et meurtre d’Angélique – «Je suis un monstre», sanglote David R. au procès 
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Viol et meurtre d’Angélique«Je suis un monstre», sanglote David R. au procès

L’homme comparaît depuis mardi pour avoir abusé sexuellement d’une fillette de 12 ans avant de l’étrangler avec son pantalon en 2018, dans le nord de la France.

Le drame de la mort d’Angélique avait suscité une très vive émotion dans la région.

Le drame de la mort d’Angélique avait suscité une très vive émotion dans la région.

AFP

«Je suis un monstre»: en larmes, David R. a commencé à comparaître mardi pour le viol et le meurtre en 2018 d’Angélique, 12 ans, devant les assises du Nord qui tentent de cerner la personnalité de ce père de famille récidiviste.

«Excitation soudaine»

Dès l’ouverture du procès prévu jusqu’à vendredi, pour ce drame qui avait suscité une très vive émotion dans la région, le père d’Angélique a dû être évacué de la salle après un malaise.

Il a ensuite rejoint sa famille venue avec une photo de l’enfant blonde souriante aux cheveux lisses.

A sa première prise de parole, David R., embonpoint, crâne dégarni et pull noir, reconnaît, d’une voix faible et hésitante, l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

L’ancien chauffeur de bus, identifié grâce au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes dans lequel il figurait après une condamnation pour viol sur mineure en 1996, explique avoir ressenti ce jour d’avril 2018 une «excitation soudaine pour Angélique» qui jouait dans un parc.

En quelques mots, il décrit les violences sexuelles qu’il lui a fait subir et dit avoir «paniqué» et l’avoir étranglée avec son pantalon. Il savait d’emblée que sa «conscience» le conduirait à avouer ses actes à son épouse ou aux policiers, assure-t-il.

En garde à vue, il avait avoué spontanément l’enlèvement, le viol et le meurtre.

«Le droit de vivre»

Un peu plus tard, l’accusé craque, interpellé par son propre père, qui lui lance à propos de cette «petite fille (...) Elle avait pas le droit de vivre?»

«Je suis désolé d’avoir tué votre fille», «je suis un monstre», sanglote-t-il en s’adressant à la famille d’Angélique.

Tête basse, l’accusé avait auparavant écouté l’enquêtrice de personnalité retracer son enfance, marquée par l’abandon par sa mère, à deux ans, puis un sentiment de second abandon, à sept ans, quand sa belle-mère a une fille.

A partir de ses huit ans, il commet de nombreux vols pour «se faire remarquer», plombant un parcours scolaire dont il sortira sans diplôme, bien que cultivé et intelligent selon l’enquêtrice.

A cette dernière, il a décrit des attouchements sexuels subis enfant et des coups de ceinture assénés par son père mais niés par sa famille, ainsi qu’un viol qu’il aurait subi jeune homme, mais dont il n’avait jamais parlé.

Condamné en 1996 pour le viol d’une mineure à neuf ans de réclusion, il était sorti de prison en 2000 puis s’était marié en 2002 avec une femme rencontrée pendant une permission de sortie dont il a deux fils.

Un homme «gentil»

Pendant près de 20 ans, ils donnent l’image d’une famille unie.

«Quand on allait chez lui, on voyait qu’il s’occupait bien de ses enfants», a rapporté à la cour sa demi-sœur, décrivant un homme «gentil» mais à qui elle n’a jamais confié sa fille, à cause de sa condamnation.

Elle a également souligné qu’il allait mal après le suicide de son frère Michel en 2016.

«Ce que je lui reproche, c’est qu’en sachant qu’il pouvait commettre des actes comme ça, il ne se fasse pas suivre», a-t-elle confié, alors que des associations de défense des droits de l’enfant, parties civiles, pointent les failles du suivi socio-judiciaire des délinquants sexuels.

Interrogé pour savoir s’il lui avait conseillé un suivi psychologique après sa peine de prison, son père a répondu par la négative, soulignant que tout allait bien alors à ses yeux, puisqu’il avait une compagne et un travail.

David R. lui-même s’était décrit comme généreux et à l’écoute mais lâche auprès de l’enquêtrice de personnalité, expliquant avoir des fantasmes de viol et de soumission mais être toujours gêné pour parler de sexualité.

«Pour lui, c’est difficile d’admettre à quel point il a tout gâché, il avait effectivement tout pour être heureux, c’est une forme d’auto-destruction» a commenté auprès des journalistes son avocat, Eric Demey.

Victime ou témoin d’une agression sexuelle?

Et pour les jeunes:

  • Ciao.ch (réponse dans les 2 jours)

  • Pro Juventute (24/7): 147

  • Patouche: 0800 800 140

(AFP)

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