Attentats à Paris: «Je tenais mon bébé le plus près de moi possible»
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Attentats à Paris«Je tenais mon bébé le plus près de moi possible»

Une jeune Belge a passé cinq heures dans la chambre froide du supermarché casher où Amedy Coulibaly avait fait irruption. Elle raconte son cauchemar.

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joc
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05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

AFP/Eric Feferberg
...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

AFP/Eric Feferberg
27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

La Belge Sarah Bitton, 26 ans, faisait partie des personnes prises en otage dans le supermarché casher, vendredi. Elle livre un témoignage effrayant à la presse belge. Il est 13h26. Sarah, qui est accompagnée de son bébé de 11 mois, vient de passer à la caisse du magasin quand elle entend des coups de feu. «J'ai d'abord cru que c'étaient des pétards», raconte la Bruxelloise, qui vit à Paris avec son mari et leur fils, Noah. «Quand j'ai levé les yeux, j'ai vu un homme lourdement armé faire irruption dans le supermarché. C'était horrible. Il a tiré plusieurs fois dans notre direction. Je n'ai vu qu'une seule option: fuir.»

Sarah prend son bébé, s'enfuit et cherche désespérément une porte de sortie. En vain. Elle emprunte les escaliers et descend à l'étage inférieur. «Avec cinq autres personnes, je me suis glissée dans une chambre froide. Nous espérions pouvoir échapper au terroriste», témoigne-t-elle.

Dans cette pièce glaciale commencent alors cinq longues heures d'angoisse. «C'était une pure horreur. Pas seulement parce qu'on avait peur que le terroriste nous trouve. Mais aussi parce que ça a été très difficile de faire en sorte qu'un enfant de 11 mois reste calme dans une telle situation. Nous étions tous serrés les uns contre les autres. Je tenais mon bébé le plus près de moi possible pour lui tenir chaud», se souvient Sarah Bitton. Quelqu'un arrive finalement à éteindre le moteur de la pièce, rendant la température plus supportable.

«C'est incroyable que nous ayons survécu»

La jeune mère et ses compagnons d'infortune entendent alors, via la police, que Coulibaly exige que tous les otages remontent. «Certains qui se trouvaient dans la chambre froide voisine sont remontés. Nous avons appris que les terroristes allaient tuer tous ceux qui ne remontaient pas. Mais nous avons considéré que c'était plus sûr de ne pas bouger», poursuit-elle.

Tirée d'affaire après avoir entendu un «grand boucan», la jeune femme se repasse sans cesse les images de sa libération, réalisant à quoi elle avait réchappé. «C'est incroyable que nous ayons survécu. Je ne pourrai jamais remercier assez la police. Ces trop nombreux citoyens qui ont péri, c'est terrible. Le jeune qui a tenté de maîtriser le terroriste au prix de sa vie, je le voyais régulièrement dans le magasin. C'est tellement irréel», conclut la Belge.

Quelque 1400 Français tentés ou séduits par le jihad

«Il y a 1400 individus qui sont concernés par les départs pour le jihad, pour le terrorisme, en Syrie et en Irak», a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls interrogé lundi sur BFM TV/RMC. «Il y a près de 70 Français ou résidents en France qui sont morts en Syrie et en Irak dans les rangs des terroristes», a-t-il poursuivi.

Ces chiffres représentent une nouvelle augmentation par rapport aux estimations données il y a quelques semaines par le gouvernement, qui évoquaient 1200 personnes impliquées et 60 morts. Mi-décembre, les autorités avaient estimé que sur les 1200 Français ou résidents en France impliqués dans les filières jihadistes, 390 étaient actuellement «sur la zone» et 231 en transit vers l'Irak et la Syrie. Par ailleurs, elles estimaient que 234 personnes avait quitté la Syrie, parmi lesquelles 185 avaient déjà regagné la France.

«Ça représente en peu de temps une augmentation majeure: il y avait une trentaine de cas quand je suis devenu ministre de l'Intérieur (mi-2012) et 1400 aujourd'hui», a relevé Manuel Valls. Les deux auteurs présumés de la tuerie du journal satirique Charlie Hebdo, Chérif et Saïd Kouachi, ont «sans doute» fait partie de ceux qui sont partis se «former à la mort et à la terreur», a noté le Premier ministre. En revanche, le troisième homme des attentats, Amedy Coulibaly, «lui, n'est jamais parti, il n'était pas dans les radars des services de renseignement», a-t-il ajouté.

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