Actualisé 09.10.2017 à 16:35

Journaliste suisse au Venezuela«Je terminerai le travail que j'ai commencé»

Un journaliste tessinois a été arrêté samedi au Venezuela pour avoir emporté des appareils d'enregistrement non autorisés lors d'une enquête dans une prison. Il s'est confié à nos confrères de tio.ch/«20 minuti».

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Patrick Mancini/ofu
Filippo Rossi, à gauche, avec Roberto Di Matteo.

Filippo Rossi, à gauche, avec Roberto Di Matteo.

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«Je continuerai à faire mon reportage jusqu'au bout. Je ne peux pas en dire plus pour le moment.» Interrogé par nos collègues tessinois de tio.ch/«20 minuti», Filippo Rossi revient sur sa journée passée dans une prison du Venezuela. «Je ne peux et je ne veux pas dévoiler où je me trouve exactement. Je suis très fatigué, mais je vais bien.»

«Caracas, la ville la plus dangereuse du monde»

Le jeune journaliste indépendant de Lugano, âgé de 27 ans, avait été arrêté samedi en compagnie de deux confrères - l'Italien Roberto Di Matteo et le Vénézuélien Jesus Medina, avant d'être libéré dimanche. Les trois hommes étaient accusés d'avoir en leur possession des appareils d'enregistrement non autorisés lors d'une enquête dans le pénitencier de Tocorón, dans l'Etat d'Aragua. Cette prison est située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Caracas.

Filippo Rossi s'est rendu à Caracas il y a plusieurs semaines déjà, afin de réaliser un reportage sur les conditions dramatiques régnant dans la capitale, qu'il décrit comme étant la ville la plus dangereuse du monde.

«Nous devons désormais terminer ce que nous avons commencé»

Malgré la mauvaise expérience qu'il vient de vivre au Venezuela, Filippo Rossi ne veut pas provoquer de polémique: «Ils m'ont traité avec respect», souligne-t-il, tout en ajoutant: «Nous avons décidé de faire une déclaration unique pour tous les organes de presse. Mais nous le ferons un peu plus tard. Nous devons désormais terminer ce que nous avons commencé.»

Conditions de détention qui font polémique

Des ONG dénoncent régulièrement l'état de surpeuplement et la malnutrition dans les centres de détention vénézuéliens. L'ONG de défense des droits des détenus Una Ventana a La Libertad avait estimé fin 2016 la population carcérale à 88'000 détenus pour une capacité officielle de 35'000 places.

Le gouvernement assure que son plan lancé en juillet 2011 pour décongestionner les prisons a concerné 90% des 50 prisons du pays. Le gouvernement de Nicolas Maduro, qui se dit victime d'une campagne de dénigrement des médias nationaux et étrangers, affirme avoir appliqué avec succès des mesures pour pacifier les prisons et les mettre au niveau des standards internationaux.

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