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US Open«Je transpirais, je n'arrivais plus à respirer»

Roger Federer avoue avoir perdu la maîtrise de son corps sous l'effet d'une humidité étouffante. «Ce n'est pas une question d'âge», dit-il.

par
Christian Despont
New York

Roger Federer a souffert comme rarement. «Au bout d'un moment, j'étais vidé. Je n'avais plus aucune énergie.»

Roger Federer a attendu un long moment avant de se présenter en conférence de presse, contrairement à ses habitudes après une défaite. Douché, épuisé, des plaques rouges au visage, le Bâlois n'a pas fait mystère de ses problèmes physiques. «Je n'avais jamais autant souffert de l'humidité. Je n'arrivais plus à respirer. Je transpirais, je transpirais Au bout d'un moment, j'étais vidé. Je n'avais plus aucune énergie.»

Les météorologues ont mesuré un taux d'humidité de 79% aux environs de minuit. Federer l'avoue avec un certain étonnement, il a perdu la maîtrise de son corps. «La chaleur, on connaît. Mais l'humidité, ici, peut devenir un vrai piège. Quand elle te saisit, tu arrives difficilement à t'en sortir. Tu peux faire ce que tu veux, le corps ne répond plus, sa température ne descend plus. Tu restes prisonnier de cet état.»

«Plus aucun air ne circule»

Après les défaillances, la semaine dernière, des vétérans David Ferrer et Mikhail Youzhny, la tentation est forte de penser que le poids des ans, parfois, s'allie à la chaleur écrasante: «Honnêtement, je ne crois pas que ce soit une question d'âge, élude le maître. Je dirais plutôt que le principal changement vient du court Arthur Ashe: depuis qu'il y a le toit, plus aucun air ne circule dans le stade. L'humidité devient étouffante et, parfois, on ne peut pas lutter. Rafter, lui aussi, avait des problèmes dans ce climat, et pourtant, il a grandi dans l'outback australien et il n'était pas vieux.»

A froid, Roger Federer semblait trop heureux de retrouver ses esprits pour y introduire des regrets; même si «Le match aurait pu être différent si j'avais converti ma balle de deuxième set. Qui peut savoir?» Mais ses pensées ont très vite bifurqué vers John Millman: «Il a mieux géré la situation. Il a saisi sa chance.»

RF l'avait choisi pour partenaire d'entraînement, cet été, pendant Roland-Garros. Pourquoi lui? «On cherchait un gars sympa et un gros travailleur. On n'a pas été déçus.» John Millman, brave smicard de 29 ans, dix ans de paquetage dans des arrières courts paumés, a eu droit à son grand soir, lundi, dans la ville où tout le monde a sa chance. «Roger n'était pas à son meilleur niveau, mais j'ai su capitaliser sur sa méforme. Je n'arrive pas à y croire»

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