Vevey (VD): «Je vais rester là jusqu’à ce que vous mouriez d’hypothermie»
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Vevey (VD)«Je vais rester là jusqu’à ce que vous mouriez d’hypothermie»

Un jeune de 25 ans a agressé de manière crapuleuse et sadique trois ados dont le seul tort est d’avoir croisé son chemin le soir des festivités du 1er août 2018. Il a été condamné à 1 an de prison.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Trois ados genevois ont vécu des faits horribles au port de Clarens, dans la commune de Montreux (VD), le 1er août 2018.

Trois ados genevois ont vécu des faits horribles au port de Clarens, dans la commune de Montreux (VD), le 1er août 2018.

Entre A, Portugais de 25 ans né en Suisse dont le polo noir à manches courtes ne dissimulait rien de l’imposante musculature, et C et L., deux ados genevois de petit gabarit, le contraste est plus que saisissant. Leurs chemins ne se sont croisés qu’une fois: le soir du 1er août 2018, au bord du lac à Clarens. Et c’était déjà de trop. Pour pouvoir rembobiner le film d’horreur qui les fait «cauchemarder», les jeunes victimes ont souhaité s’exprimer en l’absence de leur bourreau. C’est donc sous escorte policière que le prévenu a dû quitter momentanément la salle d’audience du Tribunal de Vevey, mardi.

Le soir des faits, C. (17 ans), son frère alors âgé de 13 ans, et leur cousin L. (15 ans) avaient quitté le bateau familial d’où ils venaient d’admirer les feux d’artifice pour aller s’acheter des glaces. «Nous avons croisé un monsieur avec sa copine. Il avait l’air très énervé. Il a dit: «Le premier qui me regarde, je lui casse la gueule.» Quelques mètres plus loin, je me suis retourné et il s’est mis à courir vers nous. On a pris la fuite», a rappelé C.

Grâce à une vitesse décuplée par les ailes de la trouille, le trio a réussi à semer l’agresseur déterminé à frapper coûte que coûte. «Mais, poursuit C., alors qu’on repartait vers le bateau, il nous a vus. Il a attrapé mon cousin et l’a plaqué au sol. Il était sur lui et le frappait. J’ai essayé de m’interposer. Il m’a frappé au visage et m’a tiré les cheveux.»

Tronc jeté en direction de la victime dans l’eau

La suite du récit est beaucoup plus sordide. «Le monsieur a demandé à mon cousin et à moi de plonger dans le lac. Il nous a dit: «Je vais rester là jusqu’à ce que vous mouriez d’hypothermie.» Même la peur panique des deux jeunes dans l’eau glaciale n’a pas atténué la cruauté de l’agresseur. Quand L. a imploré sa pitié, c’est pour entendre cette réponse: «Ferme ta gueule, sinon je viens te noyer.» A. a ensuite lancé un tronc en direction de L. «J’ai réussi à esquiver la bûche», a raconté l’ado genevois, qui a signalé à la Cour que depuis les faits, il n’arrête pas «de cauchemarder».

C. a réclamé un dédommagement de 200 fr. pour les frais de réparation de son smartphone endommagé par A. L’avocat de celui-ci a accepté ce montant puis, doucereusement, il a demandé à C. de bien vouloir retirer sa plainte pénale. Niet ferme du jeune homme. L., qui a dû suivre une thérapie avec un médecin, a aussi demandé réparation. L’avocat de la défense lui a proposé 800 fr avec un retrait de plainte. Le second plaignant a également dit non.

Rien ne justifie que je les frappe. Pourtant, j’avais passé une belle journée.

L’agresseur d’ados condamné à 1 an de prison.

Quand le prévenu a été réintroduit dans la salle d’audience que les victimes venaient de quitter, le président lui a fait un résumé des déclarations des plaignants. «J’avais admis les faits devant la police. J’admets de nouveau ce que ces jeunes ont raconté. Je regrette. Je ne sais pas pourquoi j’ai agi ainsi. Pourtant, j’avais passé une belle journée en compagnie de mes parents et de ma copine», a déclaré le prévenu. Puis, soudainement, il a changé de version en soutenant que ce sont les jeunes mineurs qui l’avaient «insulté en premier».

Il n’a pas convaincu la Cour. Il devra purger une peine de 12 mois de prison. Mais, magnanimes, les juges ont renoncé à renvoyer au Portugal ce natif du canton de Vaud.

L’agresseur portugais n’était pas seul dans le box des accusés. Il y avait aussi un Français, un Algérien et un Iranien. Ce quatuor semait la terreur sur la Riviera vaudoise. Les autres membres de la bande ont été condamnés mercredi pour usage de stups, violences et tentative de vol. L’Algérien, le Français et l’Iranien sont des bandits récidivistes. Les deux premiers ont écopé de 12 et 21 mois de prison et l’expulsion du territoire. Quant au trentenaire iranien, seul membre de la famille d’un ancien dignitaire proche du Shah à ne pas avoir la nationalité suisse, il devra purger 20 mois de prison et devra ensuite rester dix ans sans mettre les pieds sur sol helvétique.

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