«Je vais revenir te mettre une balle dans la tête!»
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«Je vais revenir te mettre une balle dans la tête!»

GENEVE – Passé à tabac en 2006, un videur a essuyé, le week-end passé, des menaces de mort. Témoignage sur un métier mal considéré.

«Il faut admettre qu'à Genève, certains videurs sont extrêmement désagréables, voire racistes, entame Manile*. Mais les intimidations que j'ai subies récemment me font craindre le pire.» Mesurant près d'1,90 m pour 130 kg, ce videur de 35 ans plein de bonhomie ne devrait rien craindre. Pourtant, rien que la semaine passée, il a été menacé de mort à deux reprises, à l'entrée du café très fréquenté de la Plaine de Plainpalais qui l'emploie. «Un client est entré en tongs et bermuda samedi soir, se souvient-il. Sans l'agresser, je lui ai simplement demandé de mieux s'habiller la prochaine fois.» Ce dernier n'a pas toléré le conseil. Il a commencé à devenir insultant, allant même jusqu'à déclarer avant de quitter les lieux: «Je vais revenir et te mettre une balle dans la tête!» Choqué, Manile a décidé d'en référer à la police. «Suite à mon passage à tabac par trois hooligans l'année passée, je ne veux plus prendre le moindre risque, lâche-t-il. Le client doit savoir qu'il a des droits, mais aussi le devoir d'être poli et respectueux envers les employés.» Les plus problématiques d'ailleurs ne sont pas ceux que l'on croit. «Certains cadres en costume ont de la peine à accepter les remarques. Surtout quand ils ont bu, souligne Manile. Je considère que mon métier est social, car je travaille dans un lieu social. Je désamorce les crises avant qu'elles n'éclatent.»

Shahïn Ammane

*prénom fictif

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