Actualisé 28.11.2019 à 05:47

Valais

«Je veux protéger les lanceurs d'alerte»

Le préposé à la protection des données a acheté un logiciel pour
sécuriser ses sources anonymes face aux autorités politiques.

de
Frédéric Nejad Toulami
Sébastien Fanti redoute une perquisition dans ses locaux,

Sébastien Fanti redoute une perquisition dans ses locaux,

24HEURES/Chantal Dervey

Il en agace plus d'un, Sébastien Fanti, préposé cantonal à la protection des données. Et ce n'est pas sa posture dans le dossier litigieux de la pollution au mercure en Valais qui va améliorer la situation. Dans cette affaire ultrasensible, le conseiller d'État Jacques Melly veut le forcer à divulguer des noms d'individus qui ont dénoncé des dysfonctionnements au Département de l'environnement dans cette affaire.

Un cas unique en Suisse, qui sera tranché par le Tribunal cantonal. Semblant redouter une perquisition dans ses bureaux pour saisir des documents délicats, Sébastien Fanti a décidé de se prémunir et aussi garantir l'anonymat à ses sources. Il a acheté un logiciel de sécurité déjà utilisé par le Contrôle fédéral des finances et par la Cour des comptes genevoise (lire l'encadré).

«Aucune transparence en Valais!»

«Je suis allé m'informer à Genève auprès du président de cette Cour sur l'utilisation de leur système protégé. Je suis hélas obligé d'agir ainsi en raison de pratiques en Valais où il ne règne aucune transparence», explique Sébastien Fanti, par ailleurs avocat. Et il met en garde les institutions politiques, dont il estime qu'elles ne respectent pas son travail ni son indépendance: «Grâce à ce logiciel, qui sera opérationnel dans quelques semaines, nous allons obtenir des dizaines de dénonciations dévoilant d'autres affaires!»

Logiciel de sécurité déjà utilisé à Genève

Président de la Cour des comptes genevoise (CdC), François Paychère constate que l'utilisation du logiciel BKMS depuis novembre 2017 a permis de correspondre de façon anonyme et sécurisée avec des lanceurs d'alerte dans des dossiers délicats. «La population est souvent à la recherche d'une autorité en qui elle peut avoir confiance, et l'usage de ce logiciel y contribue», déclare François Paychère, qui précise que la CdC a reçu en tout 275 alertes par ce canal sécurisé. Il souligne aussi le fait q'en cas d'enquête judiciaire, la CdC est obligée de transmettre des dossiers en sa possession si le Ministère public le lui demande. C'est pourquoi le lanceur d'alerte en est averti afin qu'il fasse en sorte de conserver l'anonymat via le canal protégé.

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