"Cliente": «Je veux que cette histoire touche les gens»
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"Cliente"«Je veux que cette histoire touche les gens»

Rencontre avec Josiane Balasko, scénariste, réalisatrice et actrice du film «Cliente».

En 2004, Josiane Balasko écrit le scénario de «Cliente», l'histoire d'une femme dans la cinquantaine qui paie des hommes pour des aventures sexuelles. Le sujet jugé trop choquant, elle ne trouve pas de producteur assez courageux et se résout à en faire un livre. Quatre ans plus tard, le projet aboutit enfin.

– 20minutes.ch. Est-ce, selon vous, plus choquant de voir un homme qui se vend ou une femme qui l'achète?

– Josiane Balasko. Les deux. Cela doit être choquant pour les hommes qu'une femme paie, mais aussi qu'un homme se vende. Ces deux choses en même temps, plus le fait que le personnage masculin soit marié, tout cela est quelque chose qui passait mal, mais tout est bien qui finit bien. J'ai fait mon film!

– Vous dites considérer qu'une femme ne peut pas refaire sa vie à 50 ans.

– Elles la continuent, mais ne peuvent entamer une nouvelle existence. Elles ne peuvent pas refaire leur vie dans le même sens que les hommes peuvent refaire la leur, c'est-à-dire faire table rase du passé.

– Pourquoi avoir choisi Nathalie Baye pour camper le personnage principal?

– C'est elle qui m'a choisie! Nous nous connaissons bien, je lui ai envoyé le livre à l'époque, et elle m'a appelée pour me dire: «Si jamais tu fais le film, je suis ta cliente!»

– Vous donnez l'impression de vouloir sublimer les femmes à travers vos films. Est-ce parce que d'autres ne le font pas assez?

– Au théâtre et au cinéma, les rôles féminins sont moin-dres. Il y a des films où il n'y a pratiquement pas de femmes, ou alors des rôles de pots de fleurs. Ce n'est pas une volonté féministe de ma part, mais si je trouve des personnages de femmes qui sont crédibles, ancrés dans la réalité tout en faisant rire, ça m'intéresse.

– Que souhaiteriez-vous que le public retienne de votre film?

– J'aimerais qu'ils soient touchés par cette histoire. J'aimerais qu'ils le reçoivent comme moi j'ai reçu les films italiens des années 1970, où l'humour se mélangeait à l'émotion.

Propose recueillis par Winnie Covo

Pour être moins seul

A 50 ans passé, Judith (Nathalie Baye) s’offre les services de jeunes hommes pour assouvir son désir sexuel. L’amour, elle a déjà donné. Sa sœur, Irène (Josiane Balasko), y croit encore, elle, au grand amour. Et puis il y a Marco (Eric Caravaca), le gigolo, un homme marié qui se prostitue pour aider sa femme (Isabelle Carré). Josiane Balasko nous fait partager le quotidien d’une série de personnages tous plus seuls les uns que les autres. On ne les juge pas, on les suit, espérant au passage que la vie ne les égratignera pas trop. (win)

De Josiane Balasko, avec

Nathalie Baye, Eric Caravaca,

et Isabelle Carré

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