Actualisé 15.10.2012 à 13:52

Boys Noize en live

«Je veux que ma musique prenne vie sur scène»

Boys Noize, Alex Ridha de son vrai nom, jouera jeudi 18 octobre 2012 à Thônex. L'occasion pour parler de son nouvel album, «Out of The Black», une perle electro.

de
Fabien Eckert
Le Berlinois Alex Ridha alias Boys Noize, 30 ans, a sorti trois albums studios depuis 2007.

Le Berlinois Alex Ridha alias Boys Noize, 30 ans, a sorti trois albums studios depuis 2007.

Pourquoi avoir choisi le titre «Out of the Black»?

Premièrement, j'avais en tête l'expression anglaise «Out of the blue» qui signifie «quelque chose d'inattendu». Et je trouvais sympa de la détourner en remplaçant «blue» par «black». Le noir me parle énormément car je produis la plupart de mes titres une fois la nuit venue. Je me sens plus à l'aise la nuit pour composer.

Cela pourrait aussi signifier qu'après avoir beaucoup produit pour les autres vous voilà à nouveau sur le devant de la scène...

Oui aussi. Après mon 2e disque, je me suis enfermé en studio avec d'autres gens. Je voulais faire d'autres choses. J'ai bossé notamment avec Chilly Gonzales ou Mr. Oizo. A un certain moment, j'ai eu envie de retrouver mes racines, de revenir à mes propres productions.

Est-ce à dire que ce disque sonne comme votre 1er puisque vous avez retrouvé vos racines...

Oui un petit peu. Certains moments me ramènent à ce que j'avais fait à mes débuts. C'est marrant cette question car avant de commencer la production de «Out of Black», j'écoutais mon premier album. Je l'aime tellement. Je voulais recréer un peu cet amour du premier disque sur celui-ci.

Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il sonne rétro...

(Rires) Non pas du tout! J'ai la chance d'être à la tête de mon label. Je reçois des démos tous les jours. Elles me permettent de sentir la musique d'aujourd'hui. Même si j'essaie de faire quelque chose de différent de l'electro actuelle.

Quelles sont justement ces différences entre votre album et la musique d'aujourd'hui?

Aujourd'hui, la musique est très dure. Je prends en exemple tout le dubstep qui nous vient des Etats-Unis. C'est complètement fou. Dans la musique très commerciale, tu retrouves même certains éléments très agressifs qui proviennent de ce genre. Pour moi, le challenge était d'exprimer un son tout aussi agressif sans tomber dans la mode du dubstep. J'aime la musique qui tape mais je dois aussi y ajouter une âme. J'essaie d'insuffler un peu de vie dans cette electro très froide.

Est-ce juste de dire que cet album a été produit pour le dancefloor?

Oui très certainement. Le but d'un album est qu'il puisse être joué en live. Pour moi c'est très important. J'ai d'ailleurs produit l'album en réfléchissant à comment il pouvait être joué sur scène.

Parlons des influences du disque. On a du Justice ou du Daft Punk...

Les voix robotiques ont toujours été ma marque de fabrique. Je suis obsédé par elles. J'essaie toujours de trouver de nouvelles méthodes pour les créer. Je les ai toujours préférées à des voix humaines. Mais bien sûr que Justice m'inspire. Ce sont en plus des bons potes. Mais il n'y a pas qu'eux à m'inspirer.

Pourquoi avoir opté pour un titre down-tempo, «Circus full of Clowns», juste au milieu de l'album?

C'est arrivé très tard dans le processus de création. Au départ, j'avais une vingtaine de titres. Ce morceau n'était pas prévu sur la track-list. Je l'avais produit à la base pour quelqu'un d'autre qui n'en a pas voulu. Je me suis donc retrouvé avec «Circus full of Clowns» sur les bras. Je ne savais pas où le caler. Je me suis dit que ce serait bien de faire une pause dans l'album. Il a donc trouvé sa place naturellement au milieu des autres.

Parlons de votre travail avec Chilly Gonzales. Comment l'avez-vous convaincu de bosser sur un projet electro?

Il avait déjà fait quelques trucs electro précédemment. Lui et moi sommes très proches. J'ai collaboré sur son «Ivory Tower» et je trouvais sympa d'avoir son aide sur deux ou trois titres. Il m'a notamment épaulé pour sampler certaines parties et sur d'autres c'est lui-même qui joue.

Est-ce important pour vous d'avoir une autre vision que la vôtre?

Honnêtement pas tant que ça. Chacun a son propre avis sur la musique. Je préfère ne pas être influencé par celui des autres. Je préfère me concentrer sur ma propre idée. Si tu commences à trop réfléchir à ce que les gens pensent, ce n'est pas bon et tu ne trouveras jamais de fin à ton histoire. La musique est tellement subjective.

D'où vient l'idée du featuring avec le rappeur Snoop Dog sur «I'll House You»?

C'est l'un de mes rappeurs favoris. J'ai grandi avec sa musique. C'était un rêve de bosser avec lui. Je voulais faire quelque chose d'à la fois cool et d'underground. Les gens m'attendaient au tournant avec un titre très commercial à la Guetta. Je ne voulais pas tomber dans ce travers.

Comment s'est concrétisée votre collaboration?

On s'est rencontré deux ou trois fois à Los Angeles. Il m'a invité chez lui dans son studio et on a réalisé le titre à ce moment là ensemble.

Parlons de votre live. A quoi doit-on s'attendre?

Ce sera déjà la première fois que je vais passer uniquement ma propre musique. Je vais avoir beaucoup de machines autour de moi à gérer. Je n'ai jamais fait ça auparavant. C'est complètement nouveau un tel live. C'est un challenge. Je m'en réjouis.

Et concrètement?

Il y a un élément de ce show qui est complètement fou. Seul indice: ce n'est pas un écran LED géant. Je veux laisser la surprise. Je veux que ma musique prenne vie sur scène à l'image de ce que fait Justice ou Daft Punk. Ce sera un peu comme un concert de rock.

Boys Noize Live

Jeudi 18 octobre 2012, 20h30, Salle des fêtes, Thônex. Prix: 48 fr. Infos: www.thonex.ch

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