Manif contre le deal à Lausanne: «Je vois ma ville et mon quartier dépérir un peu»
Actualisé

Manif contre le deal à Lausanne«Je vois ma ville et mon quartier dépérir un peu»

Citoyens et personnalités se sont rassemblés à Chauderon pour exprimer leur colère face à la visibilité du deal de rue dans leur quartier.

par
Yannick Weber

Les motivations de citoyens venus manifester.

De 300 à 400 personnes étaient présentes, mercredi soir à Chauderon, pour manifester contre le deal de rue à Lausanne. Parmi elles, quelques politiques, le réalisateur Fernand Melgar mais surtout des citoyens du quartier ou d'ailleurs, venus exprimer un ras-le-bol. Nombreux étaient ceux à s'exprimer haut et fort avec colère, accusant tour à tour «la Ville», «la gauche», «la police», dans des diatribes politiques emplies d'amertume et de nostalgie, huant la municipalité interpellée lors des discours.

D'autres, plus discrets, se mobilisaient en forme d'hommage pour des proches perdus à cause de la drogue. Le rassemblement s'est tenu à l'écart de la rue, devant la bibliothèque. Un choix qui peut surprendre, isolé de la place Chauderon très fréquentée à cette heure. «Le lieu est symbolique, des enfants passent ici toute la journée, côte-à-côte avec les dealers», explique Sandra Pernet (PDC), organisatrice de la manifestation.

Fernand Melgar et des militants se prennent à partie

Fernand Melgar débat avec des militants

Le cinéaste, en pleine polémique, a voulu s'expliquer avec ceux qui le critiquent.

Le contexte politique est tendu et les camps s'opposent. D'un côté, ceux, à l'instar des manifestants, qui souhaitent un tour de vis face aux dealers. De l'autre, ceux qui accusent la police de racisme et de violences après plusieurs cas de migrants ayant trouvé la mort à la suite de contrôles musclés. Ces deux camps se sont d'ailleurs brièvement mais chaudement affrontés lorsque Fernand Melgar est allé discuter avec un groupe de militants d'extrême-gauche, qui observaient le rassemblement depuis un balcon.

Quelques heures avant la manifestation, la police de Lausanne et la municipalité ont annoncé vouloir présenter, la semaine prochaine, de nouvelles mesures de lutte.

Des mineurs ciblés?

La polémique est croissante. Le cinéaste Fernand Melgar, habitant du quartier, a partagé sur Facebook des témoignages selon lesquels des enfants seraient abordés par des dealers à la sortie des écoles. Tant la police de Lausanne que le municipal des écoles David Payot ont affirmé n'être pas au courant d'un problème récurrent, sans exclure des cas épisodiques. «Nous avons de nombreux témoignages qui confirment que tel est pourtant le cas», défend Sandra Pernet.

Ton opinion