Vaud: «Je voulais m'assurer qu'elle était bien morte»
Actualisé

Vaud«Je voulais m'assurer qu'elle était bien morte»

Un homme a écopé de la prison à vie pour avoir tué son épouse avec plus de 60 coups de couteau. Il voulait lui cacher ses penchants pédophiles.

par
Christian Humbert
L'homme avait ôté la vie à sa femme dans leur maison de Lutry.

L'homme avait ôté la vie à sa femme dans leur maison de Lutry.

APN

«J'ai continué à la poignarder jusqu'à ce qu'elle tombe par terre. Je voulais que tout cela finisse.» Le quinquagénaire irlandais qui comparaissait jeudi devant la cour criminelle de Vevey a raconté en anglais comment il a tué, en mars 2015, son épouse russe de 46 ans. La femme, appréciée de tous, cadre dans une multinationale, a été lardée de plus de 60 coups de couteau dans leur maison de Lutry.

L'après-midi du drame, la victime aurait dû se rendre à une convocation de la police pour y être entendue. Elle aurait alors appris que son mari, qui vivait à ses crochets depuis une première condamnation pour avoir téléchargé des fichiers pédophiles, était accusé de s'être exhibé en ville. Elle aurait surtout découvert qu'il avait eu des comportements sexuels déplacés avec deux fillettes, dont une nièce.

Pour éviter cette issue, l'homme s'est d'abord volontairement blessé afin que sa femme reste à la maison pour le soigner. Il l'a ensuite massacrée. «Je voulais m'assurer qu'elle était bien morte», a-t-il confié. Après avoir utilisé un premier couteau de 11 centimètres, il a saisi une lame plus grande encore pour l'achever. La victime a notamment reçu 36 coups dans le dos. «Je voulais la garder près de moi, a expliqué le prévenu. Je regrette. Si je pouvais changer cela, je le ferais.» Le procureur Hervé Nicod n'a pas hésité: il a requis la réclusion à vie contre le quinquagénaire. Les juges l'ont suivi.

«Une culpabilité écrasante»

Le tribunal a retenu l'assassinat, plus grave que le meurtre. «Plus égoïste comme mobile, cela n'existe pas, a déclaré la présidente de la cour. Elle dérange: On la tue.» La manière d'agir, par surprise, dans le dos, a été mise en relief. «Vous la frappez au visage quand elle vous demande d'arrêter, a souligné la présidente. Le petit couteau ne suffisait pas. Votre culpabilité est écrasante.» Les juges ne croient pas à la tentative de suicide du prévenu, qui avait absorbé de l'alcool et des médicaments après son acte. Condamné à la réclusion à vie, il devra également suivre un traitement psy.

Ton opinion