Actualisé 01.11.2013 à 06:29

France

Jean-Louis Muller acquitté au 3ème procès

La justice française a acquitté jeudi un médecin de l'accusation de meurtre de sa femme en 1999, au terme d'un calvaire judiciaire qui lui avait valu deux condamnations à 20 ans de prison.

Jean-Louis Muller peut enfin respirer l'air libre.

Jean-Louis Muller peut enfin respirer l'air libre.

Le verdict dans ce troisième procès, un cas de figure rarissime, a été annoncé par la présidente de la Cour d'Assises de Meurthe-et-Moselle (nord-est), Marie-Cécile Thouzeau, devant une salle comble. L'avocat général avait requis une nouvelle fois 20 ans de prison à l'encontre du docteur Jean-Louis Muller, l'accusant d'avoir maquillé en suicide le meurtre de son épouse Brigitte, le 8 novembre 1999 à Ingwiller.

«Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la Justice contre l'injustice», a réagi l'avocat de la défense, Eric Dupond-Moretti. Dans son box, Jean-Louis Muller a éclaté en sanglots à l'énoncé du verdict, avant de prendre dans ses bras ses deux fils et la compagne avec laquelle il a refait sa vie. Evoquant «tous ceux qui sont passés par là, qui ont été injustement accusés, qui ont essayé de croire en la justice», Jean-Louis Muller a reconnu que «ça fait des dégâts».

«Il faut laisser maintenant un peu retomber le soufflé, dire: Je suis libre», a ajouté l'acquitté devant les journalistes, avant de quitter la Cour d'assises entouré de ses proches. Le procès, entamé le 21 octobre, avait vu une succession de 18 experts de toutes sortes expliquer à la barre que le suicide de Brigitte était «plutôt peu probable», «bizarre», «pas vraiment plausible», mais sans jamais pouvoir être catégoriques. Pourtant, des éléments souvent troublants, voire accablants avaient été mis en évidence contre le docteur Muller.

L'absence d'empreintes sur l'arme, la présence de poudre sur ses mains, en quantité supérieure à celle retrouvée sur les mains de la victime, avait notamment nourri l'accusation, qui avait cru déceler «le machiavélisme» de Jean-Louis Muller. Mais «rien n'est exclu, rien n'est probant», avait résumé l'un des experts, laissant une forte empreinte de doute à l'ensemble des débats.

Dans son réquisitoire, l'avocat général avait exhorté jeudi les jurés à se détacher de «la prudence des experts». «Vous ne pourrez pas dire que cette femme s'est suicidée», avait encore affirmé le représentant de l'accusation, en dépeignant cette documentaliste de 42 ans en mère de famille aimante et gaie. Jean-Louis Muller clamait sans relâche que son épouse Brigitte s'était suicidée avec le Magnum 357 retrouvé entre ses pieds, le 8 novembre 1999.

D'abord classée, l'affaire avait été exhumée deux ans plus tard par la famille de la victime, qui estimait ce geste fatal improbable. Pour la partie civile comme pour l'accusation, le mobile était «évident»: la liaison entamée par Brigitte avec un autre homme peu avant sa mort. Jean-Louis Muller pourra désormais demander une indemnisation pour les 18 mois de détention provisoire qu'il a effectué. (ats)

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