Médias: Décès du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber
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MédiasDécès du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber

Le journaliste et essayiste français, patron de plusieurs titres de presse à succès, s’est éteint samedi à l’âge de 83 ans des suites du Covid-19.

Jean-Louis Servan-Schreiber a été emporté par le virus dans sa 84e année.
Jean-Louis Servan-Schreiber a été emporté par le virus dans sa 84e année.AFP

Le journaliste et patron de presse français Jean-Louis Servan-Schreiber, fondateur notamment de L’Expansion, est décédé samedi à l’âge de 83 ans, a annoncé dimanche Psychologies Magazine, une de ses plus célèbres publications. Il est décédé des suites du Covid-19, a affirmé sa famille à l’AFP, confirmant une information du Journal du Dimanche.

«JLSS» a marqué l’histoire de la presse française», a réagi la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, en référence à ses initiales, tandis que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a rendu hommage à un «grand humaniste».

«En 1975, Jean-Louis Servan-Schreiber et moi avons créé Lire magazine, a twitté Bernard Pivot. Tellement différents, nous étions complémentaires et amis. J’ai toujours été impressionné par sa capacité à innover ou rebondir, sa puissance de réflexion et d’organisation, ses jugements, son calme.»

Né dans une célèbre famille de presse aux côtés notamment de son frère Jean-Jacques, fondateur de L’Express, Jean-Louis Servan-Schreiber était un «journaliste et essayiste à la curiosité insatiable», a indiqué Psychologies Magazine sur son site.

Il avait dirigé le mensuel axé sur le bien-être et le développement personnel pendant dix ans, le transformant en publication à succès, déclinée à l’étranger.

«Grand homme de presse»

Sur Twitter, le président du Festival de Cannes et journaliste Pierre Lescure a salué un «grand homme de presse» qui a «travaillé sans cesse sur la nature humaine et sa richesse», tandis que le patron de presse Alain Weill a rendu hommage à un «homme de presse exceptionnel». «Ses conseils nous ont été précieux pour la relance de L’Express», a-t-il ajouté.

Anne Sinclair a salué sur Twitter «un homme qui a consacré sa vie à la presse avec talent». «Il était généreux, positif, rationnel et amical dans un monde qui est tout cela de moins en moins», développe-t-elle encore.

Jean-Louis Servan-Schreiber avait également lancé et présidé le comité de soutien de Human Rights Watch (HRW) en France, qui alerte gouvernements et médias sur les atteintes aux droits humains.

Le directeur exécutif de l’organisation, Kenneth Roth, s’est dit attristé par la nouvelle de son décès: «Il a été un pionnier de la présence aujourd’hui vibrante de HRW en France (…) apportant son intelligence, sa passion et ses principes à la cause des droits de l’homme», a-t-il réagi sur Twitter.

Né le 31 octobre 1937 à Boulogne-Billancourt, Jean-Louis intègre, comme journaliste à sa sortie de SciencesPo en 1960, le quotidien économique Les Échos, cofondé par son père, avant de rejoindre L’Express de son frère.

Premier newsmagazine de France

«C’est ensemble qu’ils transforment cet hebdomadaire en premier «newsmagazine» de France. La formule remporte un succès immédiat. Toutes les créations ultérieures de magazines d’actualité français s’en sont directement inspirées», a rappelé la ministre de la Culture.

Après un passage aux États-Unis, il décide de voler de ses propres ailes en créant son entreprise de presse, en 1967 en créant L’Expansion, qui devient un groupe puissant et incontournable de la presse économique (L’Entreprise, La Vie financière, La Lettre de l’Expansion, La Tribune…).

À la fin des années 1990, il reprend le titre Psychologies qui deviendra Psychologies Magazine et en fait un féminin à succès, avec une diffusion atteignant plus de 350’000 exemplaires.

Il est également l’auteur d’une vingtaine d’essais, dont 80 ans, un certain âge, sur la vieillesse, paru début 2019.

(AFP/NXP)

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