Actualisé 02.10.2008 à 05:38

Commémoration

Jean-Pascal Delamuraz n'a pas laissé d'héritage politique

Les hommages ne pleuvent pas pour commémorer les 10 ans, samedi, de la mort de Jean-Pascal Delamuraz.

Très populaire de son vivant, le conseiller fédéral n'a pas laissé d'héritage politique: nul ne se revendique du «delamurisme», note l'historien Olivier Meuwly.

Le 4 octobre 1998, l'émotion est vive lorsque Jean-Pascal Delamuraz décède d'un cancer à 62 ans, six mois après son départ du Conseil fédéral. Quelques jours plus tard, plus de 200'000 personnes suivent les obsèques du Vaudois restransmises en direct à la télévision. Les hommages fusent, unanimes.

Dix ans plus tard, de modestes manifestations sont à l'agenda: un texte dans le journal radical, quelques mots devant les Pirates d'Ouchy et le législatif de Paudex, une minute de silence lors d'un repas annuel des radicaux vaudois. Et à Moudon, une gerbe sera déposée à l'Espace Delamuraz, un jardin sis près de l'église.

Pas le culte des héros

«La Suisse n'a pas le culte des héros», convient Olivier Meuwly. Mais pour cet historien du radicalisme, le problème s'avère plus profond. «Beaucoup de gens se réfèrent à Jean-Pascal Delamuraz comme au bon vieux temps. C'était un personnage haut en couleur qui a joué un rôle important dans l'histoire suisse et vaudoise».

«Mais a-t-il laissé un héritage politique ? Certains pensent que oui. Je suis beaucoup plus réservé», confie l'historien. A ses yeux, le Vaudois, qui a successivement été syndic de Lausanne, conseiller d'Etat puis conseiller fédéral (1983 à 1998), n'a «pas fait grand chose» pour enrayer la décadence de son parti.

Décalage

Jean-Pascal Delamuraz a accompagné le déclin du parti radical. Pour Olivier Meuwly, il existe un décalage entre le personnage au charisme et au rayonnement indéniable et son bilan politique, qu'il juge sévèrement. «Il s'est embarqué dans la question européenne sans voir que les gens commençaient à avoir des craintes», dit-il.

Ses plus grand succès ? Le radical centriste n'hésitera pas à faire front contre les revendications parfois extrémistes de l'économie, notamment sur la libéralisation de la loi sur le travail. «Il avait raison», ajoute Olivier Meuwly. «Je le dis d'autant plus volontiers qu'à l'époque j'étais à l'USAM, donc dans le camp des perdants».

(ats)

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