Actualisé 23.04.2008 à 08:48

Jean-Pierre Elkabbach: «C'est la première grande faute de ma carrière»

Le responsable de la divulgation de l'annonce erronée de la mort de Pascal Sevran est en réalité le patron d'Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach.

Le magazine français Le Figaro relate le déroulement des faits qui ont conduit au couac. Jean-Pierre Elkabbach a appelé la rédaction d'Europe 1 lundi vers 18h45 en affirmant que Pascal Sevran était décédé.

N'ayant aucune confirmation, la rédaction ne voulait pas annoncer cette information. Mais deux minutes avant le journal de 19heures, Elkabbach a rappelé et confirmé son information, insistant pour qu'elle soit annoncée à l'antenne. «Après tout, c'est le patron, on se dit qu'il a des réseaux qu'on n'a pas», explique un journaliste présent au moment des faits. A 19heures, la nouvelle est annoncée, l'erreur est commise.

Une «erreur collective»

Hier matin, lors d'une séance extraordinaire de rédaction, le président de la radio française a reconnu son implication et déclaré: «J'assume personnellement une erreur collective».

N'acceptant pas cette idée de responsabilité collective, la rédaction s'est alors réunit en Assemblée Générale et a publié un communiqué: «Il apparaît que la responsabilité de Jean-Pierre Elkabbach est directement engagée dans cette annonce erronée. Il apparaît que lui seul a été le donneur d'ordre. Il a transmis l'information et ordonné qu'on la diffuse».

Elkabbach reconnait sa responsabilité

La rédaction a contacté La Société des Rédacteurs chargée de veiller à l'éthique de la station de radio, qui a été reçue dans l'après-midi par Jean-Pierre Elkabbach.

Suite à cette entrevue, le président de la chaîne de radio finit par se présenter devant la rédaction pour admettre qu'il est seul responsable de l'erreur qu'il a qualifiée de «collective» le matin-même. «C'est la première grande faute de ma carrière», a déclaré Elkabbach.

De son côté, la Société des Rédacteurs a «exprimé sa solidarité avec les journalistes qui étaient en première ligne au moment de l'annonce» et annoncé qu'elle «apporte son soutien à ceux sur lesquels le président d'Europe 1 a tenté de se défausser».

Les méfaits de la course à l'information

Si cette erreur est arrivée, la raison en est la course à l'info exclusive qui a pris une nouvelle ampleur avec les sites d'information en ligne, très réactifs. C'est ce qu'a expliqué un journaliste d'Europe 1 au Figaro: «ça arrive parce qu'il y a une énorme pression sur la rédac' avec Internet qui nous mord les mollets, il faut arrêter la course à l'échalote».

Comble de l'ironie, Elkabbach a créé, il y a un mois, un groupe de travail chargé «de réfléchir sur les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée».

(fab)

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