Jean-Pierre Gontard dit n'avoir jamais porté d'argent pour les FARC
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Jean-Pierre Gontard dit n'avoir jamais porté d'argent pour les FARC

Le médiateur suisse en Colombie dans l'affaire des otages des FARC, Jean-Pierre Gontard, affirme n'avoir «jamais porté d'argent pour les FARC».

Il répond, via la «NZZ am Sonntag», à l'accusation de la justice colombienne d'avoir remis de l'argent à la guérilla.

Le procureur général de Colombie a annoncé mardi dernier vouloir ouvrir une enquête contre M. Gontard, accusé d'avoir remis 500 000 dollars aux Forces armées revolutionnaires de Colombie (FARC).

Le ministre colombien de la Défense avait également indiqué que le nom de M. Gontard figurait à de nombreuses reprises sur l'ordinateur de Raul Reyes, le numéro deux des FARC éliminé par l'armée colombienne le 1er mars lors d'une incursion en territoire équatorien.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait répèté le même jour «qu'il s'agissait d'une mission remontant à 2001», lors de laquelle le médiateur suisse avait travaillé à la libération de deux otages suisses travaillant pour «une entreprise helvétique», sans citer le nom de l'entreprise.

Le lien entre Novartis et les FARC

«J'ai fait le lien entre l'entreprise en question et les FARC pour que l'accord conclu entre eux en 2001 puisse se réaliser après la libération des deux otages. Les mails attribués à Raul Reyes et moi concernent les modalités pratiques et, comme convenu, ne mentionnent jamais le nom de l'entreprise», a expliqué le médiateur à l'hebdomadaire zurichois paru dimanche.

Deux employés de Novartis, enlevés en juin 2000 à Bogota et détenus durant plus d'une année par les FARC, avaient été libérés suite à l'intervention de M. Gontard.

Le groupe pharmaceutique bâlois avait assuré samedi dernier que le Suisse n'avait «pas effectué de versement de la part de Novartis pour faire libérer deux de nos cadres». Berne a protesté contre les accusations colombiennes et a indiqué avoir «entamé une démarche diplomatique à Bogota pour demander que cessent les attaques répétées» contre son médiateur.

La Colombie a répondu qu'elle souhaitait garder des «relations amicales et approfondies» avec la Suisse et que l'enquête de la justice colombienne contre le médiateur suisse ne dépendait pas du gouvernement.

Soutien de Kouchner

Jean-Pierre Gontard et son homologue français Noël Saez, ont également reçu le soutien de la France, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qualifiant vendredi les deux émissaires de «gens exceptionnels».

Bogota a par ailleurs accusé M. Gontard d'être la source de la Radio suisse romande (RSR) qui, deux jours après l'opération de libération des otages et citant une «source proche des événements», avait affirmé que les otages avaient été «achetés» pour 20 millions de dollars.

Dans les colonnes du quotidien «La Liberté» jeudi, le médiateur avait affirmé ne rien savoir «sur un éventuel versement d'argent. Je n'ai rien à voir avec le soi-disant scoop de la Radio Suisse Romande». M. Gontard avait déclaré sur les onde des la même RSR deux heures après l'annonce de la libération des otages: «C'est une opération militaire brillante, sans un mort ni un blessé».

(ats)

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