Jean-Pierre Roth fait un éloge appuyé de l'Euro
Actualisé

Jean-Pierre Roth fait un éloge appuyé de l'Euro

La Suisse ne peut que se féliciter du succès de l'Euro, explique Jean-Pierre Roth.

Le patron de la BNS a souligné vendredi les effets positifs de la monnaie unique sur le franc. Il craint toutefois les égoïsmes nationaux qui pourraient ternir cette réussite.

«L'Euro est une grande monnaie», affirme le président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) dans son discours prononcé à la Fondation Jean Monnet à Lausanne. Au terme de neuf ans d'existence, «un premier bilan très positif peut être dressé».

Retournement spectaculaire

Pour Jean-Pierre Roth, la Suisse et le franc ont «tout particulièrement bénéficié» de l'Euro. Alors que l'on redoutait à l'époque la disparition du mark allemand, laissant le franc seul face à des vagues spéculatives, «le contraire» s'est produit: «la volatilité du franc par rapport à l'Euro a été inférieure à celle observée face au mark».

La revalorisation du franc qui était de mise avant l'arrivée de l'Euro a fait place dès 2003 à une tendance à la baisse de la devise helvétique. Le retournement de situation a été «aussi inattendu que spectaculaire». La zone Euro est devenue depuis un havre de stabilité monétaire, se félicite Jean-Pierre Roth.

Par rapport à l'ancien monopole du dollar, le franc fait aussi partie des bénéficiaires «incontestés» de la présence d'une deuxième grande monnaie dans le système monétaire international. Grâce à la force de l'Euro, il n'est plus victime des «sautes d'humeur» du billet vert.

Deux écueils majeurs

La réussite de l'Euro est cependant «inachevée», admet le patron de la BNS. Il s'inquiète du manque de progression de l'union politique. «La scène politique est encore dominée par les gouvernements des pays membres, bien conscients de leurs intérêts nationaux, ce qui trouble les esprits et pervertit le débat sur la politique monétaire.»

Les progrès insuffisants de l'intégration économique de l'Union européenne (UE) constituent le second écueil pour l'Euro. La monnaie unique se heurte à des marchés «peu flexibles, insuffisamment concurrentiels ou partiellement intégrés». Jean- Pierre Roth s'exprimait à Lausanne à l'occasion d'un dialogue avec le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet. (ats)

Ton opinion