Art polémique: Jeff Koons à Versailles, une «profanation»
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Art polémiqueJeff Koons à Versailles, une «profanation»

Le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, qui se présente comme le «descendant en droite ligne de Louis XIV», a engagé samedi une procédure judiciaire d'urgence.

Il entend faire interdire l'exposition de l'artiste Jeff Koons dans les salles et les jardins du château de Versailles.

Le prince proteste contre la décision de prolonger l'exposition, qui a attiré plus de 500 000 visiteurs depuis son ouverture le 10 septembre, du 15 décembre 2008 au 4 janvier 2009 et demande sa fermeture «dans les 24 heures».

Selon un communiqué transmis à l'AFP, le prince a déposé cette requête devant le tribunal administratif de Versailles, «pour profanation et atteinte au respect dû aux morts».

Il dépose sa requête au nom du «droit immémorial», pour «tout membre de l'espèce humaine», «au respect de ses aïeux» et «à vivre sans profanation de ses ancêtres», et au nom du «droit à accéder à la connaissance du patrimoine sans contrainte pornographique».

Pop art

L'exposition avait suscité débats et controverse sur l'opportunité de présenter cet artiste, qui mêle pop art et kitsch, dans le château de Versailles, classé au patrimoine mondial de l'Humanité.

Jeff Koons, qui fut l'époux de la Cicciolina, star du porno italien, a créé des oeuvres explicites autour de la «tentation et du désir» dans les années 90 mais aucune d'elles n'est montrée à Versailles.

Parmi les oeuvres présentées, figurent «Split Rocker», composée de 90 000 petites fleurs qui forment un animal étrange - mi-tête de poney, mi-tête de dinosaure, ou encore «Lobster», un homard géant en aluminium pendu dans le Salon de Mars.

Selon Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, il s'agit d'une «profanation» qui a été voulue «comme ressort publicitaire destiné à promouvoir une star étrangère du porno au détriment de l'art français».

Début décembre, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme avait demandé au président Nicolas Sarkozy, dans une lettre ouverte, de «faire cesser le trouble manifeste» et de «faire procéder au retrait des objets de scandale» que représentent, selon lui, les oeuvres de Jeff Koons à Versailles. (ats)

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