Actualisé 26.06.2008 à 20:09

Jérusalem: aramada de policiers pour la Gay Pride

Drapeaux, pompons, et même kippas arc-en- ciel: des rues passantes de Jérusalem-Ouest ont pavoisé jeudi aux couleurs de la Gay Pride, sous bonne escorte mais dans une ambiance bon enfant.

Policiers à cheval ou en position sur les toits et balcons, canons à eau, hélicoptères et dirigeable d'observation: l'imposante sécurité autour de la manifestation de la communauté homosexuelle avait été confiée à 2000 hommes, soit autant que de participants.

Au cours de précédentes éditions, des incidents parfois violents avec la communauté juive orthodoxe s'étaient produits. En 2005, un juif orthodoxe avait poignardé trois participants à la Gay Pride-dont un avait été grièvement touché -, et avait été condamné à 12 ans de prison.

«Cette année, nous avons voulu que le défilé se déroule sans violence», explique à l'AFP Yonathan Leibowicz, directeur de l'Open House (»La Maison ouverte»), une institution vouée à la défense des droits des homosexuels.

«L'Etat d'Israël est juif et démocratique, et nous voulons que ces deux termes ne soient pas contradictoires», ajoute-t-il, précisant que la communauté gay souhaite «être partie intégrante de la Ville sainte».

Afin de ne pas froisser les sensibilités, le défilé a ainsi été organisé loin des lieux saints des religions monothéistes, situés dans la Vieille ville. Rassemblés sur le gazon du parc de l'Indépendance, les manifestants indiquent d'emblée vouloir marcher «pour l'amour et la tolérance à Jérusalem».

Pour une société pluraliste

Haïm Oron, chef du parti laïc de gauche Meretz, est présent. «Je suis venu soutenir les manifestants et m'identifier à leurs objectifs: leur lutte ne concerne pas seulement la communauté gay, mais l'ensemble de la société pluraliste d'Israël», déclare-t-il à l'AFP.

Le petit commerce brade drapeaux, pompons, guirlandes de ballons, casquettes, bracelets et même kippas, tous aux couleurs arc-en-ciel. «Nous allons défiler (sur 1,1 km) pour protester contre la violence et la discrimination», s'exclame, la voix rauque, un travesti, robe gris perle et hauts talons.

C'est le signal de départ de la «Gay Pride». «Non au racisme et à la violence, oui à l'égalité des droits», scandent les manifestants qui brandissent bannières et calicots multicolores.

«Que Dieu les garde»

Assis sur des parapets ou sur des bancs, en tenue estivale, touristes et passants assistent au spectacle. Les embrassades publiques ne sont pas du goût de tous. «Les pauvres, que Dieu les garde», commente une passante. «C'est très bien, chacun doit pouvoir s'exprimer», estime en revanche Josy Cohen, une habitante de Jérusalem.

Kippa noire et costume sombre, Mordechaï Malloul, tenancier d'une boutique, ne dissimule pas sa colère: «J'ai furtivement pensé que j'allais jeter mon verre de thé bouillant sur ceux qui participent à cette abomination. Mais je suis là pour travailler», dit-il.

A deux kilomètres de là, dans le quartier juif ultra-orthodoxe de Méa Shéarim, des centaines d'»hommes en noir» se sont rassemblés, la tête recouverte de cendres, pour prier «contre l'abjection», en criant «honte», «ne sodomisez pas Jérusalem».

(ats)

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