Actualisé 15.12.2017 à 18:51

Proche-Orient

Jérusalem: des heurts font des morts

La situation est toujours tendue dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Les heurts entre Palestiniens et policiers israéliens ont fait 4 morts.

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Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)

Tsahal a annoncé mercredi avoir mené des raids sur le Hamas en réponse à deux tirs de roquettes de Gaza. (27 novembre 2019)

AFP
Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)

Au centre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a été mis en examen pour «corruption». (Jeudi 21 novembre 2019)

Keystone
Israël a revendiqué des frappes de «grande ampleur» sur la Syrie. (Mercredi 20 novembre 2019)

Israël a revendiqué des frappes de «grande ampleur» sur la Syrie. (Mercredi 20 novembre 2019)

Keystone

De nouveaux heurts ont opposé Palestiniens et forces israéliennes vendredi lors de manifestations contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. Ils ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans la bande de Gaza, dirigée par le mouvement Hamas, et des milliers à Jérusalem et en Cisjordanie occupée à la sortie de la prière musulmane hebdomadaire.

Une partie d'entre eux sont ensuite allés au contact des soldats et policiers israéliens. Ces derniers ont riposté aux jets de pierres de jeunes gens souvent masqués par des tirs à balles réelles ou en caoutchouc et des gaz lacrymogènes à Ramallah, Bethléem, Hébron, Qalandiya et près de Naplouse, en Cisjordanie.

Ceinture d'explosifs?

Deux Palestiniens ont été tués par balles dans la bande de Gaza et des dizaines ont été blessés, dont certains grièvement, selon les secours. Dans ce territoire, des centaines de Palestiniens ont défié les forces israéliennes au pied de la barrière de béton et de métal qui ferme hermétiquement la frontière.

Deux autres Palestiniens ont trouvé la mort en Cisjordanie et dans une localité près de Jérusalem. L'un d'eux avait poignardé et légèrement blessé un policier israélien à la sortie de Ramallah, avant que les policiers n'ouvrent le feu. Des photos de l'AFP montrent qu'il portait un dispositif ressemblant à une ceinture d'explosifs sans qu'il soit possible de dire si elle était authentique ou non.

Depuis le début des manifestations le 7 décembre, huit Palestiniens ont été tués au total et des centaines blessés par les forces israéliennes. Des dizaines ont par ailleurs été arrêtées. Le Hamas, qui avait exhorté à une «nouvelle intifada» aussitôt après l'allocution du président américain Donald Trump sur Jérusalem le 6 décembre, a appelé à faire de chaque vendredi une «journée de rage».

Identité arabe niée

Pour les Palestiniens, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël ne préjuge pas seulement du résultat de négociations, dont le statut de la ville devrait faire l'objet. Elle nie l'identité arabe de la partie orientale de la Ville sainte, occupée et annexée par Israël, et mine leur aspiration à établir un jour la capitale de leur futur Etat à Jérusalem-Est. Israël proclame tout Jérusalem sa capitale «indivisible» et «éternelle».

Un récent sondage du respecté Centre palestinien de recherche politique indique que 45% des Palestiniens sont favorables à un soulèvement populaire pour résoudre le conflit avec Israël. Il y a trois mois, 35% préconisaient la résistance armée et, pour le directeur de l'institut, Khalil Shikaki, la «seule explication possible» de cette augmentation est la décision de M. Trump.

Ampleur limitée

La protestation n'a cependant pas pris pour l'instant les proportions appréhendées. Une ampleur limitée que M. Shikaki explique par l'efficacité des forces israéliennes et la coopération des services de sécurité relevant de l'Autorité palestinienne.

C'est aussi parce que «le Hamas est trop faible en Cisjordanie et que le Fatah (parti rival qui domine l'Autorité) ne veut pas prendre la voie de la violence», ajoute-t-il. «Cela n'est pas près de changer». Sauf si entre en jeu «quelque chose qui ne touche pas seulement au statut politique de Jérusalem. Cette composante religieuse, émotionnelle est actuellement absente».

Pour les Palestiniens, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël ne «représente pas un changement fondamental de la réalité»: celle de Jérusalem-Est totalement sous le contrôle d'Israël.

D'autres experts estiment au contraire que, dans une situation aussi volatile, le danger d'une escalade n'est jamais loin, même si Israël et le Hamas ne semblent pas y trouver leur intérêt pour le moment. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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