Suisse romande: Jessie Kobel: «J'ai de l'amour pour l'humour»

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Suisse romandeJessie Kobel: «J'ai de l'amour pour l'humour»

L'humoriste de 25 ans joue les dernières dates de son premier spectacle à Lausanne. Une nouvelle aventure naîtra l'année prochaine.

par
Sophie Zuber
L'humoriste de 25 ans est à moitié valaisan.

L'humoriste de 25 ans est à moitié valaisan.

Pierre Vogel

A 25 ans, Jessie Kobel peut compter sur une carrière qui a commencé en 2010. Vendredi 16 novembre, il se produira au café-théâtre les Faux Nez à Lausanne. Même si la soirée affiche complet, une supplémentaire est programmée pour le 1er décembre 2018 à 21 h. Il s'est confié à «20 minutes» avant de monter sur scène.

Votre show «Jessie Kobel en spectacle» a été écrit en 2013, en quoi est-il d'actualité encore aujourd'hui?

Parce que j'ai tout simplement grandi avec. Si l'essence même du spectacle est intacte, je me suis permis de faire quelques arrangements pour le remettre au goût du jour. Et comme j'aime le faire, j'emmène le public dans un univers anecdotique en mêlant stand up, comédie et musique.

En 2011, vous aviez été remarqué par Anthony Kavanagh, qui vous a engagé pour assurer la première partie de son spectacle à l'Arena de Genève. Pas mal pour un début de carrière…

A cette époque-là, j'étais très impressionnable et de voir ce monstre de l'humour m'approcher a été très déconcertant. C'était génial! J'ai eu l'occasion d'en faire d'autres lors de ses passages en Suisse. En 2014, j'ai eu aussi la chance de faire la première partie de Gad Elmaleh à Rock Oz' Arènes. C'était mon idole, j'étais si heureux!

Vous avez été lauréat du tremplin Morges-Sous-Rire en 2016 , quelles portes ce titre vous a-t-il ouvertes?

C'était la première fois que je participais à un concours. Grâce à cela, je suis parti dans toute la francophonie, cela m'a permis de créer des liens et de me faire connaître, particulièrement en Belgique.

En octobre, vous avez créé le buzz avec la vidéo «CBD Mon Amour», dans laquelle vous teniez le rôle d'un chanvrier valaisan. Heureux?

Très! Cette vidéo est partie d'un délire entre potes, qui s'est soldé par 780'000 vues sur Facebook. Ce qui est marrant, c'est que des gens nous ont pris au sérieux: on reçoit toujours des messages dans lesquels on nous demande des conseils pour planter du chanvre. Par ailleurs ce fut un plaisir de partager quelques mots en bon valaisan avec Bernard Rappaz, qui a accepté de paraître dans la vidéo.

Vous êtes le fils du chanteur valaisan Bernie Constantin, pourquoi ne pas avoir gardé ce nom de famille pour la scène?

Parce que j'ai tout simplement gardé le nom de ma mère. Ce n'est un secret pour personne, j'aime dire qui est mon père mais je ne voulais être connu que par mon patronyme. Parfois, il m'arrive de monter sur scène avec lui. Nous sommes complémentaires: je tourne l'humour en musique et il tourne la musique en humour.

Vous dites éprouver «de l'amour pour l'humour», c'est-à-dire?

C'est difficilement explicable. Sans être niais, je dirais que c'est une sensation magique que d'arriver à faire rire quelqu'un de bon coeur. Il y a un petit truc physique et très agréable qui nous gagne. C'est aussi terrible de voir quand il y a des soirs plus difficiles. A ce moment-là, on peut être mal pendant quelques jours. C'est un métier très risqué, mais j'adore ça.

Vous êtes un membre émérite du Swiss Comedy Club, c'est grâce à cela que vous en êtes ici aujourd'hui?

Oui, c'est Ivan Madonia, le fondateur et producteur du club, qui m'a découvert et poussé sur scène. Aujourd'hui, j'ai la chance de faire partie de cette nombreuse famille qui se retrouve une fois par mois au Chat Noir de Carouge, au Point 11 de Sion et au Faux Nez à Lausanne.

Avez-vous peur du succès?

Non, puisqu'il donne l'accès à des salles de plus en plus grandes et c'est cela qui m'intéresse. Plus il y a du monde, plus le plaisir est intense. Mais la célébrité en elle-même, celle d'être reconnu dans la rue, ne m'intéresse pas. Je suis quand même quelqu'un de très timide. Mais je n'ai rien à craindre. Pour le moment, on est loin du compte. (rires)

Admettons, si l'humour devait s'arrêter du jour au lendemain, avez-vous un plan B?

J'ai la chance de m'être formé au micro en webradio avant de travailler en radios pros. Aujourd'hui j'ai un passage ponctuel sur Radio Lac. Si je devais faire autre chose, je resterais dans les médias ou dans le monde de la production. J'aime ce monde du divertissement. Dans un autre registre, ou plutôt dans une autre vie, je serais pilote de ligne. Mais pour le moment vu que tout se passe bien, mon plan B est la co-écriture d'un nouveau spectacle qui sortira en 2019.

(Re)découvrez la vidéo «CBD Mon Amour»

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