France: Jeune musulmane tondue: sa famille expulsée en «catimini»
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FranceJeune musulmane tondue: sa famille expulsée en «catimini»

Cinq membres de la famille d’une jeune fille bosniaque maltraitée en août dernier dans la région de Besançon ont été renvoyés à Sarajevo ce week-end.

par
Adrien Iseli

Cinq membres de la famille d’une jeune fille musulmane bosniaque, qui avait été tondue parce qu’elle était amoureuse d’un jeune Serbe chrétien, ont été expulsés samedi de France, où ils vivaient, vers Sarajevo, a annoncé le ministre de l’Intérieur.

Il s’agit des parents de la jeune fille, âgée de 17 ans, et de trois de leurs enfants, a-t-on précisé dans l’entourage de Gérald Darmanin.

Cette décision intervient au lendemain de la condamnation des parents à un an de prison dont quatre mois de sursis, assorti d’une interdiction du territoire français pendant cinq ans. Ils avaient été interpellés dès la fin de leur procès à Besançon (est). L’oncle et la tante de la jeune fille, condamnés à la même peine que les parents, bénéficient du statut de réfugié.

Comme à la Libération

Cette affaire avait soulevé une vive émotion en France et même à l’étranger, rappelant le sort de milliers de femmes tondues à la Libération pour avoir entretenu une liaison avec un soldat allemand sous l’Occupation.

A l’audience, la jeune fille et la famille de son petit ami, présente au moment des faits, le 17 août, ont affirmé qu’elle avait été emmenée dans sa chambre, molestée par les quatre adultes et tondue par son oncle.

Les parents, l’oncle et la tante ont reconnu pour leur part une ou deux claques, tout au plus, et soutenu que c’était son père qui l’avait rasée pour «la punir, pour qu’elle ne sorte plus» après une fugue de quatre jours avec le jeune homme, de trois ans son aîné.

«Scandalisée»

L’adolescente sera, elle, prise en charge par les services de protection de l’enfance et obtiendra à sa majorité un titre de séjour, ont ajouté le ministre de l’Intérieur et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, dans un communiqué commun.

Avocate de la victime, Me Céline Party, a relevé que les parents faisaient déjà «l’objet d’une obligation de quitter le territoire français» et «avaient opté pour un départ volontaire qui n’a pu se mettre en place à cause du confinement». «J’aurais souhaité que les choses ne se fassent pas de cette manière pour que ma cliente puisse dire au revoir à ses frères et soeurs», a-t-elle toutefois ajouté.

L’avocat des parents, Me Catherine Bresson, s’est elle déclarée «scandalisée» par cette expulsion «en catimini», tout en reconnaissant qu’elle était «légale».

(AFPE)

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