Suisse - Facebook: Jeunes ciblés par des pubs pour des produits pas nets
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Suisse - FacebookJeunes ciblés par des pubs pour des produits pas nets

Des vendeurs promettent des abdos de rêve aux jeunes gens via Facebook. Les experts mettent en garde: des risques pour la santé existent.

par
sma/dmz
Ces pubs vous promettent un corps de rêve en consommant des pilules dont les effets peuvent être dangereux.

Ces pubs vous promettent un corps de rêve en consommant des pilules dont les effets peuvent être dangereux.

Des tablettes de chocolat en un mois ou douze kilos de masse musculaire grâce à des pilules: avec de telles promesses, des vendeurs visent une clientèle jeune et en quête d'un corps de rêve, via les réseaux sociaux. A grand renfort de photos de mâles surentraînés, ils essaient de les attirer sur leurs sites internet, dans le but de leur vendre leurs produits miracles. L'une de ces publicités utilise même le logo de la SRF.

Michel Rudin, directeur du forum alémanique des consommateurs, est inquiet: «Ces pilules peuvent être mortelles. Elles peuvent conduire à des problèmes circulatoires ou au foie.» En tant que membre de la Commission fédérale pour la sécurité alimentaire internationale, il ne peut que déconseiller d'en consommer. «Certains jeunes sont encore en phase de découverte d'eux-mêmes et se laissent convaincre facilement», poursuit-il. Le regard des autres prend parfois aussi une telle importance qu'ils se laissent facilement embarquer. Et l'utilisation du logo de la télévision alémanique le laisse aussi songeur: «C'est pour mettre l'acheteur en confiance», s'insurge-t-il. La SRF a d'ailleurs entrepris des démarches pour que son image ne soit plus associée à ces produits.

Commerce en ligne pas assez contrôlé

Swissmedic, l'autorité suisse de contrôle des médicaments, appelle aussi à la prudence: «Nous ne contrôlons pas ce type de produits. Par définition, nous les considérons donc comme potentiellement dangereux. En principe, ils sont à base de plantes, dont les effets ne sont pas connus», explique son porte-parole Peter Blazli.

Même si certains étaient interdits en Suisse, ils resteraient facilement disponibles sur internet. Ce qui inquiète la conseillère nationale et membre de la commission de la santé de la chambre basse Bea Heim (PS/SO). «Le commerce sur internet est malheureusement peu contrôlé. Pour les vendeurs, il est très facile de profiter du vide juridique et de vendre leurs produits même s'ils ne sont pas autorisés», s'offusque-t-elle.

En Suisse, les responsables de la surveillance des dispositions légales en la matière sont en principe les autorités cantonales, notamment les chimistes cantonaux. Mais l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires est conscient de la problématique. Selon sa porte-parole Eva van Beek, des contrôles efficaces ne sont possibles que si tout le monde «signale les pratiques commerciales illicites aux services locaux compétents.»

«Facebook doit réagir»

Michel Rudin refuse toutefois de mettre la faute sur la population et les autorités. Pour lui, les propriétaires de ces sites de vente devraient être traduits en justice. «Je pense que Facebook, qui bannit régulièrement des contenus racistes, devrait aussi interdire ce type de publicité. Ils doivent prendre leurs responsabilités en matière de protection de la jeunesse.»

Le réseau social, lui, explique qu'il est impossible de tout contrôler: «Nous nous efforçons toutefois de nous débarrasser du contenu inapproprié. Nous avons développé une politique très claire et tout le monde doit s'y tenir», déclare son porte-parole Stefan Stojanow.

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