Jeux vidéo violents jugés au tribunal
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Jeux vidéo violents jugés au tribunal

Pour la première fois en Suisse, un tribunal bernois s'est penché mardi sur la vente de jeux vidéo violents.

Cette audience faisait suite à la plainte déposée par un député bernois contre le gérant d'une filiale d'un grand distributeur. Le verdict est attendu lundi prochain.

L'issue de l'audience pourrait avoir valeur de jurisprudence au niveau national. C'est parce qu'il a pu acheter dans un magasin Media-Markt à Muri (BE) le jeu vidéo «Stranglehold» que le député au Grand Conseil Roland Näf a décidé de porter cette affaire devant la justice.

Pour sa défense, le gérant a dit suivre les recommandations de la Pan European Game Information (PEGI), instance active dans seize pays européens et qui a fixé l'âge de vente pour «Stranglehold» à 18 ans. Media-Markt applique cette limite.

Dans sa plaidoirie, l'avocat du gérant a estimé que dans ce jeu, la représentation de la violence n'était ni cruelle, ni insistante. En effet, a-t-il ajouté, les adversaires du joueur sont instantanément morts. Il n'y a en outre pas d'atteinte à la dignité élémentaire de l'être humaine, selon lui.

Code pénal

Le combat du député socialiste n'est pas dirigé contre ce distributeur en particulier. Par le biais d'une motion, il a obtenu du Grand Conseil que le gouvernement bernois dépose une initiative cantonale sur l'interdiction de jeux vidéo violents, responsables à ses yeux de la délinquance juvénile.

La représentation de la violence dans ce jeu pourrait constituer un délit. Le Code pénal interdit, à l'article 135, la représentation des enregistrements sonores ou visuels illustrant avec insistance des actes de cruauté envers des êtres humains ou des animaux. La peine maximum prévue est de trois ans.

Violence gratuite

Selon Roland Näf, cet article n'est qu'«un tigre de papier» car sa formulation complexe rend difficile son application. Reste que le lien entre jeux vidéo violents et recrudescence de la violence gratuite de certains jeunes est l'objet de débats et de controverses.

Ces dernières années, plusieurs parlementaires fédéraux se sont déjà inquiétés des effets des jeux vidéo violents sur les jeunes. A au moins deux reprises, le Conseil fédéral a toutefois refusé de durcir la législation en la matière. (ats)

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