Patinage de vitesse – JO de Pékin: il offre sa médaille d’or à un dissident chinois

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Patinage de vitesseJO de Pékin: il offre sa médaille d’or à un dissident chinois

Nils van der Poel, double champion olympique de patinage, a donné sa breloque à la fille d’un Suédo-Chinois se trouvant actuellement en prison afin de dénoncer le régime Xi Jinping.

Nils van der Poel avec la fille de Gui Minhai, qui purge une peine de dix ans de prison en Chine.

Nils van der Poel avec la fille de Gui Minhai, qui purge une peine de dix ans de prison en Chine.

AFP

Le double champion olympique de patinage de vitesse Nils van der Poel a annoncé vendredi avoir donné une de ses médailles d’or des Jeux de Pékin à la fille d’un dissident suédo-chinois emprisonné, dans un geste de défi à la situation des droits humains en Chine.

Le patineur suédois, qui avait déjà vivement critiqué le régime communiste à son retour de Jeux controversés, a donné sa médaille de l’épreuve du 10’000 m à Angela Gui, la fille de l’éditeur Gui Minhai, qui purge une peine de dix ans de prison en Chine.

«Je me suis senti exploité»

Pour Nils van der Poel, «le gouvernement chinois a utilisé nos rêves comme une arme politique pour légitimer le régime. J’en ai fait une question personnelle et je me suis senti exploité», a-t-il affirmé dans un communiqué de l’ONG Amnesty International.

«Je veux que les violations des droits de l’homme en Chine diminuent et que Gui Minhai soit libéré. C’est beaucoup demandé, mais c’est la seule chose raisonnable qu’on puisse souhaiter», a-t-il ajouté.

Ce rare geste politique a eu lieu lors d’une petite cérémonie jeudi à Cambridge au Royaume-Uni, a confirmé la fille de Gui Minhai. «J’ai accepté sa médaille au nom de mon père. Je pense qu’il serait plus qu’honoré s’il le savait. Merci Nils d’être un grand allié et ami», a déclaré Angela Gui sur Twitter.

Avant d’être arrêté à deux reprises en 2015 puis 2018, Gui Minhai publiait dans une maison d’édition de Hong Kong des livres au contenu salace sur les dirigeants de la Chine communiste, profitant de la liberté d’expression et de publication sur le territoire semi-autonome.

Il a été condamné en février 2020 à dix ans de prison par un tribunal de Ningbo, dans le nord-est de la Chine, pour avoir «illégalement diffusé à l’étranger des informations classifiées», sans que la justice chinoise ne précise lesquelles.

Je pense qu’il est extrêmement irresponsable de le donner à un pays qui viole aussi clairement les droits de l’homme que le régime chinois

Nils van der Poel

Plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, avaient décidé un «boycott diplomatique» des JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de l’Homme en Chine, notamment dans sa région du Xinjiang où vit la minorité musulmane ouïghoure. Nils van der Poel, qui a survolé les épreuves de patinage sur les distances des 5000 et 10’000 mètres, avait déjà vivement critiqué la tenue des JO de Pékin à son retour en Suède il y a quelques jours.

«Les Jeux olympiques, c’est énorme, c’est un événement sportif fantastique où vous unissez le monde et les nations se rencontrent», avait-il déclaré le 13 février au quotidien suédois Aftonbladet. «Mais c’est aussi ce qu’Hitler a fait avant d’envahir la Pologne et c’est ce que la Russie a fait avant d’envahir l’Ukraine en 2014. Je pense qu’il est extrêmement irresponsable de le donner à un pays qui viole aussi clairement les droits de l’homme que le régime chinois», avait dénoncé l’athlète.

Son geste de soutien intervient alors que le cas de Gui Minhai est au centre de tensions diplomatiques entre Stockholm et Pékin depuis plus de six ans. Ce dernier avait disparu une première fois en 2015 avec quatre autres libraires basés à Hong Kong.

Pékin fait la sourde oreille

Après cette disparition mystérieuse lors de vacances en Thaïlande, il était réapparu en Chine où il avait purgé une peine de deux ans. M. Gui avait été de nouveau interpellé en janvier 2018 dans un train, alors qu’il se rendait à Pékin, accompagné de diplomates suédois, pour un rendez-vous médical.

Né en Chine il y a 57 ans, il s’était installé en Scandinavie après la répression de Tian’anmen en 1989.  La Suède appelle régulièrement à sa libération, mais Pékin affirme qu’il s’agit d’une affaire intérieure et ne le reconnaît pas comme un citoyen étranger, affirmant qu’il a volontairement repris sa nationalité en 2018. Amnesty a appelé vendredi à accroître la pression internationale pour libérer les dissidents en Chine.

(AFP)

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