Actualisé 06.08.2008 à 09:23

JO: Laure Manaudou sans pression sur 400 mètres

C'est sans pression que Laure Manaudou s'apprête à défendre à Pékin son titre olympique du 400 mètres nage libre.

«Cela fait depuis deux ans à Budapest (record du monde en 4:02.13 lors des championnats d'Europe), que je n'ai pas fait un gros 400 mètres», a déclaré mercredi à Pékin la Française de 21 ans arrivée depuis une semaine en Chine.

A Dunkerque au printemps, lors des championnats de France, elle a subi sa première défaite sur sa distance fétiche depuis sa médaille d'or aux JO d'Athènes en 2004, dominée par la Roumaine Camelia Potec et Coralie Balmy.

«Mon entourage m'a dit qu'on ne pourrait jamais m'enlever mon résultat d'Athènes. Si ça se passe bien tant mieux, si ça se passe mal tant pis, ce ne sera pas la fin du monde», a expliqué Manaudou, qui s'alignera aussi sur 100 et 200 mètres dos et dans le relais 4x100m 4 nages.

Après un passage par Castres, l'équipe de France a effectué un stage terminal à Dalian en Chine, où Laure Manaudou s'est rassurée.

«J'ai fait de bons temps à toutes mes courses d'entraînement», a expliqué la Française, triple médaillée en Grèce avec l'argent sur 800 mètres nage libre et le bronze sur 100 mètres dos.

Passée entre les mains de trois entraîneurs depuis mai 2007 et sa rupture avec son mentor Philippe Lucas, la nageuse se dit «libérée» d'avoir échappé à la tutelle de son «coach» historique.

«Je prends plus de plaisir, je me gère moi-même. Avec Philippe, il trouvait que je marchais trop, me disait de faire attention avec ce que je mangeais...»

L'avènement d'Alain Bernard, la nouvelle star de la natation française, recordman du monde du 100 mètres, a enlevé de la pression à Manaudou tout comme son revers aux championnats de France.

«Sur 400 mètres, où beaucoup de nageuses sont capables de gagner les Jeux, je pense que le plus dur sera de rentrer en finale. Il va falloir être à fond dès la première série. Mais je ne suis pas dans une bonne série, les filles vont s'aligner sur moi. Comme j'ai plus de puissance, je vais être seule devant.»

«Si on compare son seul échec à ses nombreux succès, Laure reste la reine du 400m», estime Coralie Balmy.

Bien dans sa tête, Laure Manaudou semble bien dans ses jambes et dans ses bras.

«La piscine parait plus courte que 50 mètres, on a l'impression de nager moins longtemps», dit-elle.

Sa seule crainte vient de la lourde chaleur enveloppant Pékin.

«La chaleur, c'est la seule chose que l'on ne peut pas gérer. Cela me gêne, car on transpire et après on a froid. Ici, il faut faire attention aux pépins de santé, faire attention avec la climatisation et les changements de température», dit-elle.

La Française attend le 10 août et la finale du 400m avec impatience. «Je me suis imaginée entrer en finale avec le premier ou le deuxième temps. Mais si je ne rentre pas en finale, j'aurais d'autres courses, ce ne sera pas la fin du monde».

L'égérie de la natation française se présentera avec un nouveau look dans le bassin olympique du Water Cube. «A Dalian, on a fait de la manucure avec les filles. Cette fois, j'ai choisi les anneaux olympiques pour changer un peu. Plutôt que le bleu, blanc, rouge. Maintenant, tout le monde sait que je suis française.»

«Toute l'équipe est prête, on a un gros potentiel», estime Malia Metella, l'une des six médaillées d'Athènes, à propos d'une natation française en plein essor. «On peut multiplier par deux le résultat d'Athènes». (ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!