Afghanistan: John Kerry à Kaboul pour une visite surprise
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AfghanistanJohn Kerry à Kaboul pour une visite surprise

Le secrétaire d'Etat américain est arrivé lundi après-midi à Kaboul pour une visite surprise en Afghanistan. Le but est d'aplanir les tensions naissantes avec Hamid Karzaï, le président afghan.

John Kerry a réaffirmé le soutien des Etats-Unis à Kaboul. «Le président Obama a été très clair durant le discours sur l'état de l'Union sur le fait que nous sommes engagés à soutenir la souveraineté de l'Afghanistan. Nous ne laisserons pas Al-Qaïda ou les talibans bousculer cet engagement», a affirmé M. Kerry, lors d'une conférence de presse avec le président Hamid Karzaï.

Les deux hommes devaient s'entretenir du processus de réconciliation et des élections en Afghanistan. Ils ont également abordé la question du transfert des responsabilités dans le domaine de la sécurité aux forces afghanes qui doit se dérouler parallèlement au désengagement progressif des pays étrangers, a dit un responsable du gouvernement américain.

Ce transfert a d'ailleurs déjà débuté, avec l'annonce lundi par l'armée américaine de la cession de l'intégralité de la prison de Bagram à l'armée afghane. Surnommé «le Guantanamo afghan», Bagram était l'objet de discussions houleuses entre Kaboul et Washington.

Les Etats-Unis craignaient que nombre de prisonniers talibans soient libérés une fois la prison sous contrôle afghan. Les autorités afghanes, de leur côté, ne cessaient de réclamer le contrôle de l'établissement pour des questions de souveraineté.

La cérémonie de passage de témoin «met en lumière un Afghanistan de plus en plus confiant, capable et souverain», a estimé le général américain Joseph Dunford, commandant des forces américaines et de l'OTAN dans le pays.

Négocier avec les talibans

Le gouvernement afghan cherche par ailleurs à entamer des négociations officielles avec les talibans. Le président Karzaï a ainsi prévu de se rendre au Qatar dans les prochains jours pour discuter d'un processus de paix et de l'ouverture d'une représentation talibane dans l'émirat du Golfe pour mener les discussions.

«Je ne veux pas exagérer l'importance (de ce voyage) mais je pense que c'est un signe très positif», a dit un responsable américain. «C'est une nouvelle étape sur la voie menant à une forme de processus de réconciliation», a-t-il ajouté, rappelant cependant que le processus sera long.

Des paroles appuyées par le secrétaire d'Etat. «Nous soutenons aussi un processus de paix mené par les Afghans. (...) Nous continuons à être en phase avec le président Karzaï lorsqu'il appelle les talibans à rejoindre ce processus et à renoncer à la violence», ce qui inclut «les premiers pas pour ouvrir un bureau (taliban) à Doha», a remarqué John Kerry.

Les tensions entre Etats-Unis et Afghanistan se sont accrues ces dernières années à propos des victimes civiles de frappes aériennes, des raids nocturnes et du transfert de prisonniers.

Retrait progressif

Toutefois, certaines questions ont été résolues. Un accord a par exemple été signé sur le retrait des troupes américaines de la province de Wardak où elles étaient accusées de mauvais traitements infligés à la population.

Après onze années de présence, la force internationale menée par les Etats-Unis se retire progressivement d'Afghanistan et transfère le contrôle du pays et de ses institutions sécuritaires aux forces afghanes.

Les troupes internationales (plus de 130'000 soldats au plus fort de leur engagement), soutenues par de plus de 330'000 soldats et policiers afghans, n'ont jamais maté la rébellion des talibans.

Les insurgés, bien que moins nombreux, continuent d'infliger de lourdes pertes aux forces étrangères et surtout afghanes. Nombre d'Afghans craignent un nouvel embrasement de leur pays, éreinté par près de 35 ans de guerre et de guerre civile, une fois le retrait étranger achevé à la fin 2014. (afp)

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