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Proche-OrientJohn Kerry pessimiste sur le processus de paix

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a défendu mercredi la solution à deux Etats, «seule voie possible» pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, tout en admettant qu'on en était loin.

La solution à deux Etats est «en grave danger», a prévenu M. Kerry, qui doit quitter ses fonctions le 20 janvier. Il s'exprimait à Washington dans un grand discours exposant la vision de l'administration du président sortant Barack Obama sur le Proche-Orient.

L'adoption d'une résolution à l'ONU vendredi condamnant les colonies israéliennes, sur laquelle les Etats-Unis n'ont pas opposé de veto - une première depuis 1979 - a provoqué la colère de l'Etat hébreu. Elle «visait à préserver la solution à deux Etats», a expliqué M. Kerry.

Mais «si le choix est celui d'un seul Etat, Israël peut être soit juif soit démocratique - il ne peut pas être les deux - et il ne sera jamais vraiment en paix», a noté M. Kerry. Car «comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques?», a fait valoir le secrétaire d'Etat. «Quiconque réfléchissant sérieusement à la paix ne peut ignorer la réalité de la menace des colonies sur la paix», a-t-il ajouté.

Revenir aux frontières de 1967

Selon le dirigeant américain, ces deux Etats devraient suivre le tracé des frontières de 1967 - avant la guerre des Six jours - en procédant à «des échanges de territoires équivalents» issus d'un consentement mutuel. Israël serait alors reconnu comme un «Etat juif» et Jérusalem comme capitale des deux Etats, a indiqué M. Kerry.

Le chef de la diplomatie américaine a accusé Israël de mener «un projet exhaustif pour s'approprier des terres en Cisjordanie qui empêche toute implantation des Palestiniens là-bas». La politique des colons «est en train de décider de l'avenir d'Israël. Leur objectif déclaré est clair: ils croient en un seul Etat, le grand Israël», a-t-il dénoncé.

«Obsédé» par les colonies

Quelques minutes seulement après le discours de M. Kerry, Benjamin Netanyahu a sèchement dénoncé un discours «biaisé contre Israël». Cité dans un communiqué de son bureau, il a accusé M. Kerry d'être «obsédé» par la question des colonies israéliennes.

«Pendant plus d'une heure, M. Kerry s'en est pris obstinément aux colonies et a très peu évoqué la racine du conflit - l'opposition palestinienne à un Etat juif quelles que soient ses frontières», a-t-il dit.

Dans l'attente du discours du chef de la diplomatie américaine, M. Netanyahu avait pourtant suspendu l'octroi de nouveaux permis de construire pour près de 500 logements dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Mais la mairie de Jérusalem a dans le même temps approuvé une autre construction destinée à des colons.

Soutien sans failles de Donald Trump

Si les relations d'Israël avec le gouvernement de Barack Obama étaient tendues, la donne devrait changer après le 20 janvier. Juste avant le discours de M. Kerry, le futur président américain Donald Trump a apporté son soutien à l'Etat hébreu, traité selon lui «avec un total mépris», selon son compte Twitter.

Les Israéliens «étaient habitués à avoir un grand ami aux Etats-Unis, mais ce n'est plus le cas. Le début de la fin a été cet horrible accord avec l'Iran (sur la politique nucléaire, ndlr.), et maintenant (l'ONU)! Reste fort Israël, le 20 janvier est très proche!». M. Netanyahu l'a remercié sur son compte Twitter «pour sa chaleureuse amitié» et son «soutien sans failles envers Israël».

Le milliardaire a nommé récemment un ambassadeur en Israël, David Friedman, qui entend déménager l'ambassade des Etats-Unis «dans la capitale éternelle d'Israël, Jérusalem». Un geste qui pourrait sonner le glas des efforts de l'Amérique pour la paix.

Quelque 430'000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie occupée. Ils sont plus de 200'000 à Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. (ats)

Les Palestiniens prêts à reprendre les négociations

L'Autorité palestinienne pose comme condition que le gouvernement israélien cesse la colonisation. Lire l'article.

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