Actualisé 20.09.2008 à 09:28

EconomieJohn McCain et Barack Obama prudents face au plan de sauvetage du gouvernement

Les difficultés de l'économie américaine continuent d'alimenter l'affrontement entre les prétendants à la Maison Blanche.

Les deux candidats à la présidentielle ont réagi avec prudence vendredi au plan de sauvetage présenté par l'administration Bush pour enrayer la crise financière, que le démocrate Barack Obama a attribuée à la politique du gouvernement républicain.

Son adversaire John McCain a riposté en accusant son rival d'avoir lui-même contribué à la crise en acceptant des contributions de campagne de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit hypothécaire que le gouvernement a dû sauver de la faillite au début du mois.

«Peut-être que pour une fois il pourrait nous épargner ses sermons et reconnaître qu'il a commis une erreur de jugement en contribuant à ces problèmes», a lancé le candidat républicain, omettant toutefois de préciser que certains de ses plus proches conseillers étaient liés à ces groupes ou avaient réalisé des opérations de lobbying pour eux.

Depuis le début de la crise à Wall Street, John McCain a vu fondre l'avance dans les sondages gagnée après la convention républicaine et l'annonce surprise du choix de la charismatique Sarah Palin comme colistière. Le dernier sondage Gallup donnait Barack Obama en tête avec 49% des intentions de vote contre 44% pour son adversaire républicain.

John McCain tente désespérément de se différencier de l'impopulaire président sortant George W. Bush et de sa politique économique mais aussi de concilier sa position de longue date en faveur de la déréglementation avec les inquiétudes des électeurs face à la crise financière. Il doit également faire oublier la série de gaffes commises en début de semaine, notamment quand il a estimé lundi que les fondamentaux de l'économie américaine étaient solides en pleine tourmente à Wall Street.

Le candidat républicain n'a pas beaucoup évoqué vendredi le plan de sauvetage du secteur du crédit hypothécaire élaboré par le secrétaire au Trésor Henry Paulson, qui pourrait représenter jusqu'à 1.000 milliards de dollars (693 milliards d'euros) d'argent du contribuable en rachat d'actifs douteux. John McCain a simplement déclaré que les responsables politiques devaient mettre de côté leurs divergences et «que toute action doit être destinée à maintenir les gens dans leurs maisons et protéger les économies de tous les Américains».

Le porte-parole de John McCain Matt McDonald a précisé que l'équipe de campagne examinait le plan Paulson et que McCain ne s'était pas encore prononcé sur le projet. «Il soutient le fait que des mesures soient prises».

Un peu plus tôt, John McCain avait appelé la Réserve fédérale à cesser d'intervenir pour renflouer les institutions financières en difficulté. Devant un groupe d'hommes d'affaires dans le Wisconsin il avait espéré que la banque centrale revienne à ce qu'il a appelé «son activité centrale de gérer de façon responsable notre réserve d'argent et l'inflation». Il a ainsi souhaité que la Fed s'attache plutôt à renforcer le dollar et maintenir un bas niveau d'inflation. «Un dollar fort réduira les prix de l'énergie et l'alimentation», a-t-il expliqué. «Cela stimulera une croissance économique durable et relancera cette économie».

Pendant ce temps, Barack Obama rencontrait en Floride des acteurs économiques clé de l'administration de l'ancien président démocrate Bill Clinton, dont les anciens secrétaires au Trésor Robert Rubin et Lawrence Summers. Une façon de rappeler au souvenir des électeurs les jours meilleurs qu'avait connu l'économie américaine durant la dernière administration démocrate.

Barack Obama a ensuite expliqué qu'il n'entrerait pas précisément dans les détails de ce qu'il proposerait s'il était élu pour ne pas créer d'agitation financière. Tout en soutenant l'intervention rapide du gouvernement face à la crise du crédit, il a clairement fait savoir qu'il tenait l'administration Bush pour responsable.

«Cela fait trop longtemps que cette administration est prête à appuyer sur le bouton avance rapide quand il s'agit d'aider des firmes de Wall Street en difficulté tout en appuyant sur pause dès qu'il s'agit de sauver des emplois et de permettre aux gens de garder leur maison», a dénoncé le candidat démocrate.

En Virginie, son colistier Joe Biden a de son côté plaidé pour «la fin de la mentalité de cowboy de l'ère Bush-McCain». «Ces types se sont prosternés devant l'autel de la dérégulation», a-t-il dénoncé à Loudoun County dans la banlieue de Washington. (ap)

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