Actualisé 05.03.2012 à 21:58

SyrieJohn McCain exige des frappes aériennes

Les forces armées ont continué à bombarder la ville de Rastane pour la deuxième journée consécutive. De son côté, le sénateur américain John McCain s'est prononcé en faveur d'une intervention militaire.

La ville de Rastane a connu sa deuxième journée de bombardement

La ville de Rastane a connu sa deuxième journée de bombardement

L'armée syrienne a bombardé lundi Rastane, au centre du pays, pour le deuxième jour consécutif. Elle a fait fi de la pression diplomatique, appelée à s'intensifier avec notamment une visite samedi à Damas de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan.

M. Annan et son adjoint, l'ancien ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser al-Qidwa, rencontreront jeudi le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, a annoncé ce dernier. Ils rejoindront ensuite Damas. L'ancien secrétaire général de l'ONU compte y faire passer le message que «les massacres et la violence doivent cesser».

La responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a annoncé de son côté qu'elle se rendrait en Syrie à partir de mercredi pour tenter d'obtenir un accès humanitaire «sans entrave».

Diverses opérations sécuritaires

La Russie, qui soutient le régime Assad au grand dam des pays occidentaux et arabes, a annoncé pour sa part une réunion de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov avec ses homologues arabes samedi au Caire.

Sur le terrain, les forces du régime ont poursuivi leurs bombardements de la ville de Rastane, dans la province de Homs, au lendemain d'un violent pilonnage qui a fait sept morts, dont quatre enfants.

Elles ont aussi lancé un assaut terrestre contre Yabroud dans la province de Damas et menaient des opérations sécuritaires dans d'autres villes, notamment dans la province de Deraa (sud) selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Six personnes ont été tuées dans les violences, a précisé l'ONG.

CICR toujours bloqué

A Deraa, d'où était parti le soulèvement contre Bachar el Assad il y a bientôt un an, des centaines de soldats ont pris position dans le centre-ville, un déploiement de force jamais vu depuis des mois, selon des habitants.

Quelque 2000 Syriens, en majorité des femmes et des enfants, ont fui les bombardements contre le village de Kousair, à 12 km de la frontière libanaise. A Homs, où l'armée a repris le 1er mars le quartier rebelle de Baba Amr, les forces de sécurité ont mené une campagne d'arrestations dans le quartier adjacent de Jobar.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tentait, pour le quatrième jour consécutif, de négocier l'entrée dans Baba Amr d'un convoi de sept camions chargés d'aide d'urgence dans ce quartier assiégé et pilonné pendant près d'un mois, où vivres et médicaments font cruellement défaut.

Les autorités ont avancé des raisons de sécurité, en particulier la présence de bombes et de mines, pour justifier ce délai dénoncé par la communauté internationale. Le CICR a cependant pu distribuer de l'aide aux habitants d'Inchaat, le quartier voisin.

Les opposants accusent l'armée de mener un «massacre» à huis clos à Baba Amr, une information impossible à vérifier en l'absence de témoins indépendants.

Frappes aériennes évoquées

L'agence officielle de presse syrienne Sana rapporte de son côté que les autorités ont commencé à nettoyer «les destructions et les débris laissés par les groupes terroristes armés dans les quartiers d'Inchaat et de Baba Amr». Seize membres des forces de sécurité ont été tués par les insurgés et enterrés à Homs, ajoute-t-elle.

Afin d'accentuer la pression sur le régime, les Etats-Unis ont annoncé avoir inscrit l'organisation de la radio-télévision publique syrienne sur leur liste noire des personnes physiques et morales visées par les sanctions financières américaines visant Damas.

L'armement de l'opposition est parallèlement de plus en plus discuté dans les sphères arabes et occidentales. Washington y est toujours réticent, craignant que les armes ne soient récupérées par Al-Qaïda, mais plusieurs pays arabes soutiennent cette idée.

Le sénateur américain John McCain a de son côté plaidé pour des frappes aériennes en Syrie afin d'aider l'opposition à se défendre. Il est le premier responsable américain de ce niveau à en parler. Ni l'administration, ni les élus du parti démocrate du président Barack Obama n'ont discuté à ce jour d'une telle action militaire.

Les violences en Syrie auraient fait plus de 7600 morts depuis une année selon les Nations Unies.

(ats)

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