John Thain nommé à la tête de Merrill Lynch
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John Thain nommé à la tête de Merrill Lynch

La banque d'affaires américaine Merrill Lynch a annoncé mercredi la nomination à sa tête de John Thain, l'actuel patron de NYSE Euronext.

L'ancien PDG Stan O'Neal avait été limogé fin octobre pour sa gestion désastreuse de la crise sur le marché hypothécaire.

M. Thain, 52 ans, prendra au 1er décembre, pour des conditions financières non révélées, le poste laissé vacant fin octobre par M. O'Neal, dont le limogeage constituait le premier désaveu d'un patron d'une banque après la crise financière de l'été.

"John Thain est la personne qu'il faut pour endosser le rôle de PDG de Merrill Lynch", a déclaré, dans un communiqué, le PDG par intérim Alberto Cribiore. "Il apporte une expérience sans précédent, un savoir de la complexité des marchés financiers et les capacités requises pour diriger une grosse entreprise financière".

Réputé pour sa rigueur, le futur PDG a pour lui des faits d'armes prestigieux: il est le maître d'oeuvre de la modernisation de New York Stock Exchange (NYSE), qu'il avait rejoint en 2004, et du rapprochement historique entre la Bourse de New York et la Bourse pan-européenne Euronext pour créer la première place financière mondiale.

Pour sa part, NYSE-Euronext devrait annoncer sous peu la nomination comme PDG de Duncan Niederauer, actuel président non exécutif, selon des sources proches du dossier citées par le "Wall Street Journal".

M. Thain laisse à son futur successeur la Bourse de New York "en très bon état", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne CNBC. Il a placé en tête de ses priorités pour Merrill de "passer beaucoup de temps avec les collaborateurs", et de "se concentrer sur les problèmes de court terme", en référence à l'exposition de Merrill Lynch au marché en crise des créances hypothécaires à risque ("subprime").

Stan O'Neal avait fait évoluer Merrill Lynch de manière agressive vers les placements à risques et à forts rendements (lorsque tout va bien), pour faire croître plus rapidement les bénéfices du groupe. Une stratégie jugée a posteriori excessive au vu de l'extrême exposition de Merrill Lynch aux "subprime", qui a fini par coûter son poste à M. O'Neal.

Au troisième trimestre, Merrill Lynch a dû inscrire pour près de 8 milliards de dollars de dépréciations dans ses comptes, un record pour la banque. Il s'agit de l'un des plus mauvais résultats du secteur, avec ceux de Citibank.

(ats)

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