Londres : Johnny Depp contre «The Sun»: début d’un long procès
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Londres Johnny Depp contre «The Sun»: début d’un long procès

L’acteur et le tabloïd anglais ont commencé à en découdre devant la justice. De quoi étaler en public les relations entre la star et ses ex-femmes.

Johnny Depp et Amber Heard sont chacun arrivés avec un foulard sur le visage, coronavirus oblige.

Johnny Depp et Amber Heard sont chacun arrivés avec un foulard sur le visage, coronavirus oblige.

AFP

Il est venu en accusateur contre un journal, il a fini par devoir se défendre: Johnny Depp s'est retrouvé sur le grill mardi, contraint de s'expliquer sur ses excès à l'ouverture du procès en diffamation intenté au tabloïd britannique «The Sun», qui l'avait dépeint comme un mari violent.

La Haute Cour de Londres va se pencher pendant les trois prochaines semaines sur le cas du Sun et de son propriétaire «News Group Newspapers» (NGN), à qui l'acteur reproche d'avoir présenté comme un fait avéré, dans un article publié en avril 2018, qu'il ait frappé son ex-femme Amber Heard.

La première audience a tourné au grand déballage sur leur relation. Dans un témoignage apporté par écrit par sa défense, Johnny Depp, qui rejette toute violence, affirme qu'Amber Heard était elle-même violente envers lui, verbalement et physiquement. Il l’a décrite comme «calculatrice», «sociopathe», «narcissique» et «complètement malhonnête sur le plan émotionnel».

A l'audience, Johnny Depp a dû affronter un interrogatoire serré mené par l'avocate de NGN, Sasha Wass, sur sa consommation de drogue et d'alcool, ainsi que sur son comportement. «Dans ma jeunesse... mes expériences avec les narcotiques et les stimulants ont commencé à un jeune âge», a-t-il déclaré, interrogé au sujet d'une interview dans laquelle il avait expliqué qu'il avait essayé à peu près toutes les drogues à 14 ans.

Combat argumentatif

«On vous voit maintenant très charmant et poli, parlant très doucement, mais il y a une autre face de vous-même, qui est moins charmante», l'a interpellé l'avocate. «Votre déclaration est assez générale, elle peut s'appliquer à chaque être humain», a rétorqué l'acteur d'une voix grave.

Le comédien s'est défendu d'être le «monstre» désigné par Amber Heard. «Elle me criait dessus, je lui criais dessus, c'est ça qu'elle appelait le monstre», a-t-il expliqué. «Ce n'était pas Dr Jekyll et Mr Hyde. Je ne crois pas que j'étais le monstre».

Cherchant à accréditer la thèse d'un Johnny Depp colérique et violent, l'avocate est revenue sur une série d'incidents, exhumant notamment un épisode ancien où l'acteur avait saccagé une chambre d'hôtel à New York, occasionnant pour 10’000 dollars de dégâts.

Les deux ex-époux s'étaient rencontrés sur le tournage de «Rhum Express» en 2011 avant de se marier en février 2015 à Los Angeles. Le couple avait divorcé avec fracas début 2017. L'actrice de 34 ans avait alors évoqué «des années» de violences «physiques et psychologiques», des accusations vivement contestées par Johnny Depp. Dans la procédure de divorce, Amber Heard avait retiré sa plainte et Johnny Depp lui avait versé sept millions de dollars, que l'actrice avait redonnés à des associations.

Des ex à la rescousse

Lors du procès, Vanessa Paradis et l'actrice américaine Winona Ryder devraient témoigner par vidéo-conférence en faveur de Johnny Depp. Initialement prévu à la mi-mars, le procès a été reporté en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

La défense du Sun se fonde quant à elle sur 14 accusations de violences envers l'acteur entre début 2013 et mai 2016. L'acteur a par ailleurs entamé une autre procédure en diffamation contre Amber Heard aux Etats-Unis.

(AFP)

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