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NigeriaJonathan en tête de la présidentielle

Le président intérimaire sortant du Nigeria, Goodluck Jonathan, disposait dimanche d'une avance décisive au niveau national à l'élection présidentielle.

Cette avance advient malgré que son principal rival Muhammadu Buhari ait obtenu un bon score dans son fief à prédominance musulmane du nord du pays.

Selon des résultats concernant 32 des 36 Etats du pays, dont ceux d'Abuja, la capitale administrative, et de Lagos, la mégalopole de l'Etat le plus peuplé d'Afrique, Jonathan aurait obtenu 21,2 millions de voix contre 10,8 millions à Buhari lors du scrutin de samedi.

M. Buhari espérait au moins contraindre son adversaire du Sud, peuplé majoritairement de chrétiens et d'animistes, à un second tour. Mais les résultats encore provisoires de cette élection considérée comme l'une des plus honnêtes depuis des décennies au Nigeria, laissent penser qu'il n'en sera même pas question.

En effet, il n'y a pas assez d'électeurs inscrits dans les Etats restant pour permettre à Buhari de rattraper son retard.

«Je ne pense pas qu'il y aura un second tour», avait prédit Usman Jibrin, représentant du Parti démocratique du peuple au pouvoir, au terme d'une nuit blanche de comptage des bulletins à Lagos.

Pour s'épargner un second tour, le candidat arrivé en tête au premier devait remporter le scrutin à la majorité simple, avec au moins un quart des voix dans les deux-tiers des Etats de la Fédération. M. Jonathan a déjà franchi la barre requise.

L'UA considere le scrutin honnête

M. Buhari a obtenu autour de 60% des voix dans l'Etat musulman le plus peuplé du nord, contre seulement un peu plus de 15% à M. Jonathan.

Mais celui-ci, qui deviendra le premier chef de l'Etat du Nigeria indépendant issu de la région pétrolifère du delta du Niger, est déjà assuré d'au moins 25% des voix dans un nombre suffisant d'Etats.

L'ancien président ghanéen John Kufuor, chef de la mission d'observateurs de l'Union africaine (UA), a accordé un brevet de démocratie à ces élections dans un pays plutôt réputé jusque-là pour ses scrutins pour le moins contestables, prévoyant qu'elles auraient un impact positif pour le continent.

Troubles limités dans le nord

Cela n'a pas empêché des partisans de M. Buhari, convaincus que le parti au pouvoir chercherait à truquer le vote de samedi, comme ce fut la norme depuis la prise de pouvoir de l'armée en 1999, de descendre dans les rues dans certaines villes du Nord musulman. Des troubles limités y ont occasionnellement éclaté.

Les partisans de M. Buhari estiment que M. Jonathan, qui a succédé au nordiste Umaru Yar'Adua, décédé l'an dernier lors de son premier mandat, a usurpé à leur région le droit de diriger le pays.

(ats)

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