Actualisé 07.04.2017 à 18:52

Hockey – LNAJosi encense ses équipiers et révèle leurs secrets

Le défenseur bernois des Nashville Predators a rédigé mercredi une chronique dans «The Players' Tribune» pour mettre certains joueurs en lumière.

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Le Bernois (No 59) ne tarit pas d'éloges à propos des ses coéquipiers chez les Preds.

Le Bernois (No 59) ne tarit pas d'éloges à propos des ses coéquipiers chez les Preds.

Keystone/Mark Zaleski

L'été dernier, l'attaquant des San Jose Sharks Logan Couture, passé par Genève-Servette lors du dernier lockout de NHL en 2012-2013, avait classé Roman Josi parmi les cinq défenseurs les plus forts qu'il avait jamais affrontés, dans une liste établie pour «The Players' Tribune».

Cette semaine, le Bernois a pris la plume – ou plutôt le clavier – à son tour pour souligner les points forts de certains joueurs qu'il côtoie dans la ligue professionnelle nord-américaine. Et l'ancien junior du CP Berne ne tarit pas d'éloges à propos de plusieurs de ses coéquipiers aux Nashville Predators. Il met également en lumière son ancien mentor Shea Weber, parti à Montréal l'été dernier, ainsi que le jeune attaquant canadien Connor McDavid, qui fait sensation depuis ses débuts en NHL la saison dernière avec Edmonton.

Voici quelques morceaux choisis des observations de Roman Josi sur les joueurs de son choix:

Filip Forsberg (22 ans), attaquant des Predators

«Filip est chaud-bouillant ces derniers temps. Tout le monde est au courant des hat-tricks consécutifs qu'il a marqués le mois dernier, mais vous savez quoi? Ce n'est rien de nouveau. Il a inscrit 26 buts lors de sa première saison et 33 lors de la dernière. C'est du haut niveau et sa plus grande qualité est son tir du poignet. Ce qui est unique, c'est la vitesse d'exécution et son aspect trompeur. Certains pensent que tout est question de puissance dans les tirs, mais en fait, au niveau de la NHL, c'est surtout une histoire de surprendre les gardiens. Le mouvement de Filip est peu orthodoxe. Il fouette le puck avec sa crosse tenue en avant, très éloignée de son corps. Normalement, les joueurs gardent leurs mains assez proches de leur corps – parfois même sur le côté –, lorsqu'ils entament leur mouvement. Lorsque je parle avec des gardiens, ils disent qu'ils ont beaucoup de peine à lire la direction que son tir va prendre, à cause de sa technique. Le puck ne se trouve dans sa palette qu'une fraction de seconde, donc les gardiens n'ont pas le temps de réagir. Vous allez peut-être demander pourquoi tout le monde ne shoote pas comme ça. Eh bien la plupart des joueurs n'ont pas la force de le faire. Filip utilise une longue crosse avec une flexibilité minimale. Et il arrive malgré tout à la plier pour donner une vilaine impulsion au palet. Je ne pourrais jamais tirer avec mes mains aussi éloignées devant moi. Je n'arriverais jamais à y mettre assez de puissance.»

P.K. Subban (27 ans), défenseur des Predators

«P.K. a ce côté «wow» en plus dans tout ce qu'il fait sur la glace. Et sa conscience dans la zone offensive est très spéciale. Il réalise des passes que très peu de gens dans la ligue sont capables de faire. Mais comme défenseur, une des spécificités techniques que j'apprécie le plus dans son jeu, c'est son usage de virages rapides pour échapper au premier forecheck de l'adversaire, lorsque nous sommes à la relance dans notre zone défensive. Il est tellement for sur ses carres et il a cette capacité unique qui consiste à pivoter pour se défaire de défenseurs lorsqu'il est en difficulté. C'est très dur pour le joueur qui l'affronte de prédire la direction qu'il va prendre. Et lorsqu'il tourne, il prend souvent le puck avec lui d'une seule main dans un arc de cercle large, tandis qu'il utilise son bras libre pour protéger le puck d'un coup de crosse. Vous ne pouvez faire ça que si vous avez une force incroyable dans le bas du corps et une grande maîtrise du patinage sur les carres. Il utilise la même manœuvre en zone offensive, aussi. C'est tellement dur de lui prendre le puck, parce qu'à chaque fois que vous vous engagez d'un côté, il peut s'échapper dans l'autre sens avec un virage rapide.»

Le virages éclair de P.K. Subban

Le défenseur des Nashville Predators est capable de mettre tout le monde dans le vent rien qu'en pivotant à pleine vitesse sur ses carres.

Viktor Arvidsson (23 ans), attaquant des Predators

«Viktor est tellement tenace qu'il me fait penser à un autre Suédois qui jouait pour nous: Patric Hörnqvist. La seule différence est que Patric est environ 8cm plus grand, ce qui rend les buts graisseux de Victor encore plus impressionnants. Je n'ai jamais vu un type doté d'autant d'énergie sur la glace. On entend beaucoup les coaches parler de «niveau de compétition». Celui de Viktor est à 100. Je crois que c'est à cause de son parcours. C'est un petit gars qui n'a pas eu beaucoup de reconnaissance avant d'arriver en NHL. Et maintenant il donne tort à tous ses détracteurs. Il est absolument implacable. Il n'y a pas de sortie facile lorsqu'il est sur la glace. En tant que défenseur, vous savez contre qui vous détestez vraiment jouer? Les gars dont du sais qu'ils ne vont jamais abandonner leur forecheck. Même lorsque vous arrivez à les lâcher derrière la cage et vous dégager, vous savez qu'il reviennent fort derrière vous, pour vous mettre la pression sur votre passe de relance. Ces joueurs sont comme cette petite voix agaçante dans votre tête, qui vous distrait un peu. C'est ce que Viktor fait chaque jour à l'entraînement.

Shea Weber (ans), défenseur des Canadiens

«Evidemment, Shea n'est plus dans notre équipe. Mais comme il a été une si importante partie de mon développement en tant que joueur de NHL et une pièce tellement grande dans l'histoire de cette franchise, je me suis dit que ce n'était que justice de l'inclure. Shea est un joueur tellement complet. En parlant avec divers attaquants à travers la ligue, ils disent tous la même chose sur le fait de jouer contre lui: «C'est douloureux.» Bien sûr, il est extrêmement physique et il a le tir le plus dur de la ligue. Il n'y a que Brent Burns qui le devance au chapitre des buts marqués par un défenseur cette saison. Tout le monde le connaît pour ça. Mais la chose pour laquelle il ne reçoit pas assez de crédit, c'est sa première passe en sortant de la zone défensive. En tant que défenseur, c'est l'une des principales choses que vous voulez de la part de votre partenaire, parce que ça vous donne de la confiance au sein de votre propre zone. En attaque, nous avions développé une très bonne alchimie dans nos rotations pour placer Shea dans la meilleure position pour qu'il puisse armer un tir instantané. Tout le monde savait que nous voulions lui passer le puck dans le haut de la zone, donc c'était un défi de lui ouvrir la voie pour ses tirs. On ne pouvait pas être statiques, il fallait toujours être en mouvement. Une de nos marques déposées, c'était d'inverser nos positions pour que Shea puisse furtivement se glisser vers le haut du cercle d'engagement de gauche. Comme ça il pouvait ouvrir son corps et tirer sur réception avec le puck sur l'intérieur. Si Shea reçoit la passe pour un tir direct sur l'intérieur et qu'il le frappe comme il faut, c'est terminé. Même pas besoin de faire écran au gardien. C'est imparable. Mais ce que j'ai particulièrement admiré chez lui au cours des cinq ans où nous avons évolué ensemble, c'est sa constance. Il n'a presque jamais connu deux mauvais matches d'affilée. C'était important pour moi d'avoir un modèle comme lui.»

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