Yverdon-les-Bains (VD): Jouer aux Lego pour se construire un avenir suisse
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Yverdon-les-Bains (VD)Jouer aux Lego pour se construire un avenir suisse

Trouver un emploi n'est pas chose aisée, surtout pour les migrants. Un programme d'ateliers a donc été mis sur pied pour les aider.

par
Xavier Fernandez

Dans l'une des salles de séminaire d'InnoPark, mercredi à Yverdon-les-Bains, les célèbres petites briques danoises étaient au coeur d'une activité pour le moins surprenante. Une dizaine de migrants qualifiés ont participé à un atelier de Lego serious play, le premier du genre. Si, vu de l'extérieur, il est difficile d'imaginer que jouer pourra les aider à trouver un emploi dans leur domaine, les participants ont néanmoins été convaincus par la méthode.

«Pour moi, les Lego c'était un truc pour les enfants. Mais, durant cette journée, je me suis aperçu que cela nous forçait à réfléchir à notre propre situation, envisager de nouvelles solutions et surtout exprimer des choses dont nous n'avions pas conscience», explique Brahim, un ingénieur agronome syrien. Et son collègue Fernando, un Argentin diplômé en commerce international, d'ajouter: «J'ai appris des choses sur moi-même que j'ignorais et je visualise désormais mieux les obstacles à surmonter pour atteindre mon but à long terme: obtenir un CDI, dans mon métier ou un autre en liens avec ce dernier.»

Méthode pour manager, adaptée aux migrants

Responsable de l'activité, Ariane Wunderli souligne que travailler avec les Lego permet de faire appel simultanément aux deux hémisphères du cerveau. D'ailleurs, la technique Lego serious play a, dans un premier temps, été développée pour les entreprises, et en particulier pour les managers. Ce n'est que dans un deuxième temps qu'elle a été adaptée aux chômeurs, et pour finir aux migrants qualifiés.

L'atelier de mercredi s'inscrit dans le cadre du programme SwisStart, une mesure financée par l'Etat de Vaud. Elle vise à développer l'employabilité des migrants qualifiés, mais dépendants de l'aide sociale, au travers de formations, cours de langue, stages professionnels, coaching et réseautage. «Si, pour un Suisse bien intégré, ayant fait ses études et sa carrière ici, il est parfois difficile de trouver un emploi dans un domaine spécifique, c'est bien plus compliqué encore pour une personne qui ne maîtrise pas le français, dont les diplômes ne sont pas reconnus, qui n'a pas de réseau et qui ignore tout de notre culture. L'initiative du canton doit donc être saluée, car les migrants qualifiés ont un véritable potentiel qui se doit d'être exploité», estime François Egger, directeur d'Innopark et fondateur de SwisStart.

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