Genève – Prison ferme pour un footballeur cogneur
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GenèvePrison ferme pour un footballeur cogneur

Le principal accusé dans le procès des violences survenues lors d’un match amateur, en 2018, a écopé de 30 mois de détention dont neuf ferme. Deux autres joueurs ont pris du sursis.

par
David Ramseyer
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Le 10 juin 2018, lors d’une bagarre générale entre le FC Versoix- 2 (en bleu) et le FC Kosova 2 (en blanc), un joueur versoisien avait notamment reçu un coup de pied en plein visage.

Le 10 juin 2018, lors d’une bagarre générale entre le FC Versoix- 2 (en bleu) et le FC Kosova 2 (en blanc), un joueur versoisien avait notamment reçu un coup de pied en plein visage.

Lecteur reporter
Plancher orbital fracturé, la victime avait perdu connaissance sur le terrain, avant d’être hospitalisée. 

Plancher orbital fracturé, la victime avait perdu connaissance sur le terrain, avant d’être hospitalisée.

Lecteur reporter
La bagarre générale entre les deux clubs avait fait deux blessés sérieux, côté versoisien. 

La bagarre générale entre les deux clubs avait fait deux blessés sérieux, côté versoisien.

Le shoot volontaire en pleine tête de la victime «aurait pu mettre sa vie en danger», la faute est «lourde», empreinte d’une «grande lâcheté» et de «violence gratuite». Jeudi, le Tribunal correctionnel a reconnu coupable un footballeur amateur de tentative de lésions corporelles graves et de rixe, notamment. Dans le procès sur les brutalités survenues lors d’un match en 2018, entre le FC Versoix 2 et le FC Kosova 2 (cf. encadré), le principal accusé a été condamné à trente mois de prison, dont neuf ferme.

La finale du championnat genevois de 4e ligue opposant le FC Versoix 2 au FC Kosova 2 a gravement dégénéré, le 11 juin 2018.

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Pas de tentative de meurtre

L. a cependant échappé à la tentative de meurtre pour laquelle il comparaissait. La confusion qui a régné lors de la bagarre générale sur la pelouse versoisienne a empêché d’établir en détails et avec une certitude absolue tous les éléments de la rixe. Notamment la force du coup de pied donné au visage de l’une des victimes.

Aujourd’hui au bénéfice d’un permis de séjour, l’homme âgé de 26 ans risquait par ailleurs une expulsion du territoire national. Il pourra rester à Genève, avec son épouse suisse et sa petite fille, née l’an passé. La Cour a fait une pesée d’intérêts: elle a souligné que L. était sans antécédent, qu’il avait une situation familiale stable et un travail.

L’accusé et son défenseur ont visiblement accueilli le verdict avec soulagement. «Le Tribunal n’a ni retenu la tentative de meurtre, ni ordonné son expulsion; c’était très important pour mon client, a relevé Me Gazmend Elmazi. Si la peine reste très sévère, nous sommes tout de même satisfaits du jugement.»

Autres prévenus coupables

Un autre joueur du FC Kosova avait aligné les sauts pied en avant sur ses adversaires, ce triste dimanche de juin 2018. Il a été reconnu coupable de lésions corporelles simples et condamné à 18 mois avec sursis. Peine plus légère, également avec du sursis, pour un troisième joueur du club. Un supporter albanophone qui avait plongé dans la bagarre a écopé d’une sanction pécunière.

Pour l’avocat de la principale victime, frappée en pleine tête, «les souffrances physiques et psychiques de mon client ont été reconnues. C’était essentiel, a relevé Me Jeremy Carrat. En établissant les fautes lourdes des prévenus, le Tribunal a aussi envoyé un message: un terrain de football n’est pas une zone de non-droit».

Un signal lancé

Une conclusion qu’a fait sienne le président de l’Association cantonale genevoise de football (ACGF), Pascal Chobaz: «Ce n’est pas parce que l’on est sur une pelouse et qu’on porte un maillot que l’on peut agir différemment que dans la rue ou au restaurant.»

Pour le dirigeant, ce jugement est un signal important lancé aux acteurs du football, sur et autour du terrain: «Les agissements tels que ceux survenus lors du match entre Versoix et Kosova sont inacceptables. Nous encourageons les victimes de tels comportements à porter plainte».

Terrain changé en champ de bataille

Une fête était prévue après la rencontre de 4e ligue genevoise entre le FC Versoix 2 et le FC Kosova 2, le 10 juin 2018. Mais juste avant le terme de cet ultime match de la saison, une explosion de violence a balayé les perspectives d’une 3e mi-temps fraternelle. À la suite d’une insulte présumée (et impossible à confirmer, a relevé la Cour), les coups sont partis – d’une brutalité extrême -, mêlant les deux équipes et des supporters albanophones. Bilan: un joueur versoisien inconscient sur la gazon, le plancher orbital brisé par un coup de pied en pleine tête. Un de ses coéquipiers l’a accompagné à l‘hôpital avec plusieurs côtes fracturées, entre autres blessures. Par la suite, l’Association cantonale de football a prononcé de lourdes suspensions contre les fautifs, tandis que le Ministère public a déjà condamné plusieurs protagonistes, par ordonnances pénales.

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